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j-jour Le réveil a enfin sonné

j-jour Le réveil a enfin sonné

Si nous ne nous occupons pas de ce qui nous regarde, qui le fera? Et qui le fera bien?


Euro qui communique

Publié le 9 Mai 2010, 14:28pm

Catégories : #Europe

J'ai même hésité avec "euro qui com-Munich",  c'est tout dire, tant ce qu'on hume de ces réunions européennes au sommet sent la fausse paix négociée avec la dictature des marchés.

 

 

"Pour les Sages européens, l'UE est à un tournant de son histoire"

 

Qui sont ces sages au fait? Des anciens présidents de quelque chose, d'Etats, de confédérations syndicales, ou des deux à la fois comme Lech Walesa  par exemple...

 

 

En tout cas, ils ont trouvé le moyen de glisser certaines mesures parmi d'autres qui coupent bien court à toute prétendue concertation en train de se faire, par exemple, dans notre pays. Toujours la méchante habitude européenne de dicter le type de politique à mettre en place?

"Augmenter l'âge légal de la retraite et favoriser la "flexisécurité" en réformant les marchés du travail" 

Et pourtant ils prennent la peine d'y mettre les formes  "Mais, insistent les "Sages", ces réformes ne pourront pas être menées à bien sans l'adhésion des citoyens européens, facilitée par un "dialogue honnête et fructueux" entre ces derniers et leurs dirigeants."

 

On sait, quand on se rappelle l'histoire du Traité de Lisbonne, combien l'UE se soucie comme de son dernier référendum de "l'adhésion des citoyens européens" à sa politique. 

 ""Nous ne surmonterons les défis qui nous attendent que si tous, responsables politiques, citoyens, employeurs et salariés, sommes capables de nous rassembler autour d'une vision commune nouvelle, définie en fonction des impératifs de notre époque", lit-on dans ce document d'une quarantaine de pages."

 

Il faudrait peut-être qu'ils commencent à comprendre que de moins en moins de citoyens sont dupes de ces prétendues égalités de niveau de décisions, de ces fausses symétries

qui veulent faire croire que le souci des dirigeants et des employeurs, de l'Europe d'en haut est le même que celui des peuples, et même des plus pauvres parmi les peuples, à qui ils s'acharnent de faire payer la crise.

 

En attendant ce jour où les capitaux n'auront plus le droit de quitter le navire quand celui-ci est dans la tourmente pour aller prêter main forte aux pirates du néo libéralisme qui ravagent les peuples et les mers, où l'on ne jurera plus par l'aide des états pour collectiviser les pertes financières, et par la privatisation des profits et des biens publics, dès qu'il y a le moindre avantage à en faire tirer à son petit clan d'amis, où les plus puissants seront les premiers à s'appliquer à eux-mêmes ce qu'ils préconisent pour les autres,

n'est-ce pas extraordinaire d'arrogance, ce qu'a déclaré un de ceux qui votent pourtant des mesures d'austérité terribles pour son propre peuple?

"En attendant et tout à fait étonnamment, un député du parti de gauche SYRIZA, du nom de Thanasis Leventis a soutenu devant les caméras que les salaires des députés devaient être épargnés des réductions prochaines, parce qu’ils sont déjà plus bas que les salaires de leurs homologues dans le reste de l’Europe. A Mr Leventis - et à tous ses collègues, nous répondons de se souvenir de l’Argentine : ¡Que se vayan todos ! – All of Them Must Go – Να Φύγουν Όλοι !(...)"

 

Et que dire de cette intervention du Premier ministre grec lui-même rapporté dans l'article  La Grèce instrumentalisée? de  Gabriel Colletis sur Médiapart.

 

 

 "(...) Le mythe d'une Grèce vivant au dessus de ses moyens comme facteur explicatif de la crise, lui, ne résiste pas à l'analyse quand on sait que :

-         le salaire grec moyen ne représente que 73% du salaire moyen au sein de l'UE

-         le salaire minimum est inférieur de moitié

-         la retraite moyenne ne dépasse que de peu la moitié de l'étiage communautaire...

 ce alors que les prix en Grèce, en revanche, avec le passage à l'Euro, se sont alignés sur les standards européens.

 

Ces orientations sont tout de même étranges en ce qu'elles font peser sur la population le poids d'une crise dont on peut penser qu'elle trouve, en partie, ses racines, dans les très fortes inégalités de revenus et les privilèges dont bénéficie au niveau mondial une finance volatile et libéralisée.

 

Il est de ce point de vue assez étonnant qu'ignorant ces données de base, le Premier ministre grec ait pu déclarer que les fonds publics et subventions européennes ont davantage servi «à acheter des maisons, des voitures, et à vivre dans le farniente» (Le Monde, 29 avril). Si le train de vie de certains Grecs aura pu surprendre, il ne faut cependant pas voir en chaque Grec un fainéant ne pensant qu'à faire la fête. Venant de certains politiciens européens ou «d'experts» du FMI, cela a déjà de quoi choquer. Mais issus de la bouche du Premier homme politique grec par les fonctions qu'il occupe, ces termes peuvent s'apparenter sinon à une trahison, du moins à du mépris pour une fraction très importante de la population. Cette population qui vit et travaille dans des conditions souvent très difficiles, ignorées, comme partout, des classes dirigeantes.(...)"

 

 

 

Comme pour prouver le bien-fondé de l'hypothèse d'une Grèce instrumentalisée et servant de laboratoire pour la mise en œuvre d'une cure"

sur Médiapart

 

 

 A LIRE également:

 "Soutien à la résistance du peuple grec contre la dictature des créanciers(Communiqué)"

 

 

"3 mai, par CADTM international, CADTM France, CADTM Belgique, CADTM Suisse

Le nouveau plan d’austérité annoncé dimanche 2 mai est une véritable catastrophe pour la population grecque , les salariés du privé comme du public, les retraités et les privés d’emplois.

- Gel des salaires et des retraites de la fonction publique pendant 5 ans ;
- Suppression de l’équivalent de 2 mois de salaires pour les fonctionnaires ;
- Diminution de 8% de leurs indemnités déjà amputées de 12% par le précédent plan d’austérité du gouvernement dirigé par le PASOK ;
- Le taux principal de la TVA qui, après être passé de 19 à 21%, est porté à 23%, (les autres taux augmentent aussi (de 5 à 5.5% et de 10 à 11%))
- Les taxes sur le carburant, l’alcool et le tabac augmentent pour la 2 ème fois en 1 mois de 10%
- Les départs anticipés ( liés à la pénibilité du travail) sont interdits avant l’âge de 60 ans ;
- L’âge légal de départ à la retraite des femmes est porté de 60 à 65 ans d’ici 2013.
- Pour les hommes, l’âge légal dépendra de l’espérance de vie ;
- Il faudra 40 ans de travail (et non plus 37, hors études et chômage) pour avoir une retraite à taux plein ;
- Cette retraite sera calculée, non plus en fonction du dernier salaire mais selon le salaire moyen de la totalité des années travaillées (soit l’équivalent d’une baisse du montant net de la retraite de 45 à 60%°)
- L’Etat réduira ses dépenses de fonctionnement (santé, éducation) d’1, 5 milliards d’euros.
- Les investissements publics seront réduits aussi d’1,5 milliards d’€.
- Un nouveau salaire minimum pour les jeunes et les chômeurs longue durée est créé ( soit l’équivalent du CPE rejeté en France par la jeunesse et les syndicats))

C’est une aubaine pour les marchés financiers et le capital !
- Les transports, l’énergie et certaines professions réservées à l’Etat seront libéralisés et ouverts au privé (privatisations) ;
- Le secteur financier (banques principalement) bénéficiera d’un fonds d’aide mis en place avec l’aide du FMI et l’UE ;
- La flexibilité du travail sera renforcée ;
- Les licenciements seront facilités.
- L’économie grecque est placée sous contrôle du FMI.

La Grèce, restant dans la zone euro, ne pourra pas dévaluer sa monnaie, ni jouer sur les taux d’intérêt. La dette ne sera pas restructurée non plus, les institutions financières européennes en détiennent les 2/3. Ces mêmes banques continueront à emprunter auprès de la Banque Centrale européenne à un taux de 1% pour prêter aux Etats (moyennant rémunération). En contrepartie de ces mesures, les pays de la zone euro vont prêter un par un une aide de 100 à 135 milliards d’€ sur 3 ans à la Grèce à un taux de 5% (45 milliards cette année). Les Etats riches et les banques vont donc faire de l’argent sur le dos du peuple grec. Christine Lagarde, ministre français des finances, prévoit un bénéfice de 150 millions d’euros par an. Pratiquant ainsi, ils vont accroître la dette publique pour permettre à l’Etat grec de payer ses créanciers spéculateurs !
La crise greque est la démonstration grandeur nature de la triple dangerosité du FMI, de l’Union Européenne et des marchés financiers.
Le FMI, décrié à juste titre pour ses catastrophiques « plans d’ajustement structurels » refait surface dans la zone euro, après avoir sévi ces 2 dernières années dans plusieurs ex-pays de l’Est. Il utilise aujourd’hui les mêmes procédés qu’hier adaptés aux mêmes commanditaires : les marchés financiers et les transnationales. Aujourd’hui comme hier, c’est sa véritable nature de pompier pyromane qui est révélée en plein jour.
L’UE et sa commission ont également réaffirmé leurs paradigmes au service de la « concurrence libre et non faussée ». La Banque Centrale Européenne n’est pas au service des populations de l’Europe mais uniquement à celui des banques et des organismes financiers. Les marchés financers, après avoir provoqué et précipité la crise greque, via les agences de notation rémunérées par les grandes banques américaines, veulent tirer encore plus de profits de leurs stratégies spéculatives. Le gouvernement PASOK, l’Union Européenne et le FMI lui en servent l’occasion sur un plateau.
Derrière l’industrie financière, il y a les multinationales de l’industrie, du commerce et des services.
Si nous stigmatisons à juste titre les fonds spéculatifs, les agences de notation et l’industrie financière, nous ne perdons pas de vue que ce n’est que l’arbre qui cache la forêt ! Cette spéculation débridée qui étrangle les populations pauvres n’a été rendue possible que pour 2 raisons principales :
- Les dérèglementations successives des marchés financiers depuis les années 1980 ;
- Les choix volontaires et conscients du grand patronat de destiner leurs nouveaux profits vers la spéculation plutôt que vers la production et l’emploi. Cette accumulation de nouveaux profits trouve, elle, son origine dans une nouvelle répartition des richesses au bénéfice des profits et au détriment de la part revenant aux salariés. Cette part à baissé d’environ 10% de PIB en 25 ans en moyenne dans l’ensemble des pays développés.
Cette orientation économique, portée par l’idéologie néolibérale, est la cause principale de la crise économique et financière que nous connaissons aujourd’hui.

Les différents gouvernements qui se sont succédés depuis 30 ans, en Grèce comme dans les autres pays du Nord, portent aussi une lourde part de responsabilité dans l’augmentation des dettes publiques. Les politiques fiscales, menées en faveur des ménages les plus aisés et des grandes entreprises (impôt sur le revenu, le patrimoine et impôt sur les sociétés), ont considérablement diminué les recettes budgétaires et aggravé les déficits publics, obligeant les Etats à accroître leur endettement.
Les responsables de la crise sont épargnés et c’est le peuple à qui on présente l’addition.
Dans le plan d’austérité PASOK–UE-FMI imposé au peuple grec, il n’y a en effet que des mesurettes sans effet pour établir le début d’une justice fiscale et absolument rien pour lutter contre l’évasion fiscale des profits des grandes entreprises.
Les « solutions » du PASOK, de l’UE et du FMI précipitent la Grèce vers l’approfondissement de la crise. Une récession minimale de 4 points du PIB est déjà programmée pour 2010. Les petits artisans et commerçants, les petites entreprises vont connaître une longue suite de faillites et de fermetures d’activités. Le chômage va exploser et les couches populaires et les classes moyennes vont voir leur pouvoir d’achat tomber en chute libre. Les inégalités vont s’accroître et les droits humains fondamentaux (accès à l’énergie, à l’eau, à la santé, à l’éducation…) sont menacés pour la partie la plus pauvre de la population.

La colère du peuple grec est aussi la nôtre. Le CADTM soutient sans réserve les mobilisations contre le plan d’austérité.
Des solutions alternatives existent !
- Le remboursement de la dette publique de la Grèce doit être immédiatement suspendue et un audit public de celle-ci doit être mené pour décider de sa légitimité ou de son illégitimité.
- Des mesures d’annulation doivent être prises et les revenus financiers de la dette doivent être taxés à la source au taux maximal de l’impôt sur le revenu.
- Des mesures fiscales peuvent immédiatement être prises pour rétablir la justice fiscale et lutter contre la fraude. Aujourd’hui, selon les comptes du Trésor grec, les fonctionnaires (désignés comme boucs émissaires) et les ouvriers déclarent plus de revenus que les professions libérales (médecins, pharmaciens, avocats) ou encore que les dirigeants des banques !
La quasi-totalité des grandes entreprises (armateurs, …) déclarent leurs profits dans des pays à fiscalité plus avantageuse (Chypre notamment) ou les cachent dans les paradis fiscaux. L’église orthodoxe continue à bénéficier d’exhorbitantes exonérations fiscales sur le patrimoine et l’immobilier
De l’argent, en Grèce, il y en a, mais pas là où le plan d’austérité veut le prendre ! Au CADTM, nous sommes solidaires du peuple grec qui sera en grève générale mercredi 5 mai prochain. Partout, en Grèce comme dans les autres pays européens, la solidarité par la mobilisation doit s’amplifier. Aujourd’hui, c’est la Grèce mais chacun sait que demain ce sera le Portugal, l’Irlande ou l’Espagne. Après-demain, toute la zone euro peut basculer, y compris les pays les plus « riches » de celle-ci.

Nous nous félicitons des premières déclarations solidaires et du début des mobilisations de soutien devant les ambassades grecques. Il faut aller plus loin !
Le mouvement social européen dans son ensemble doit être aux côtés du peuple grec ! les populations européennes ont tout à y gagner !
Le CADTM, à son niveau y contribuera !"
 

 

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