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j-jour Le réveil a enfin sonné

j-jour Le réveil a enfin sonné

Si nous ne nous occupons pas de ce qui nous regarde, qui le fera? Et qui le fera bien?


Moubarak est mort en 2008

Publié par j-jour sur 3 Février 2011, 22:31pm

Catégories : #Un pour tous - tous pour un.

*Mise à jour!: Nouveau parallèle avec le mouvement actuel, ce soir, nous apprenons que:

 

"22 h 00 : Au moins sept jeunes leaders de la contestation populaire en Egypte ont été arrêtés aujourd'hui par les autorités, ont indiqué à l’AFP des membres de leurs familles.

"Amr Salah, Chadi al-Ghazali, Amr Ezz, Ahmed Douma, Amr Arafat, Moustafa Chaouki et Naser Abdel Hamid, sept jeunes membres de différents groupes d'opposition, avaient appelé à manifester la semaine dernière contre le régime du président Hosni Moubarak, selon des membres de leurs familles.

Ils ont été interpellés après avoir rencontré une des figures de proue de l'opposition, Mohamed ElBaradei, à sa résidence de Guizeh, près des pyramides. Les jeunes hommes s'étaient attablés dans un café populaire situé à proximité de la résidence de M. ElBaradei lorsqu'ils ont été arrêtés par la police. Ils ont été emmenés dans un endroit inconnu."

 

 

 

 

 

 

 

 

Les coïncidences des noms sont parfois troublantes.

 

 Moubarak est mort en 2008, Ahmad Ali Moubarak.

 

 Ahmad Ali Moubarak, sur son balcon d'où "il observait la scène", a été tué, à 15 ans, le 7 Avril 2008, d'une balle dans la tête tirée par les forces de sécurité égyptiennes qui tentaient alors de réprimer les mouvements des ouvriers du textile de Mahallah-AlKoubra. 
 Ces travailleurs avaient obtenu quelques satisfactions accordées pour éviter la contagion bien qu'ils aient été obligés par la police à reprendre le travail.

 


Il est frappant de voir que les exigences exprimées par les égyptiens en lutte en 2011

étaient déjà formulées à l'identique en 2004 à Kefaya où un mouvement ouvrier réclamait déjà le départ d'Hosni Moubarak, de même que les méthodes utilisées alors par le pouvoir pour "répondre" à ces requêtes sont très ressemblantes:

 

"(...)Une manifestation organisée par Kefaya le 11 décembre 2004 a marqué le début d’une période d’effervescence politique. Contrairement à la tradition, les manifestants s’en sont pris directement à la personne du président Moubarak. Ils lui ont demandé de ne pas se représenter aux élections de 2005 (comme il l’a fait), de ne pas imposer son fils à la succession (ce à quoi s’attendent la plupart des Egyptiens) et de réduire les pouvoirs de la présidence (il est permis de penser que les amendements constitutionnels de mars 2007 les ont augmentés). A l’origine, le mouvement Kefaya semblait très prometteur, mais, après la guerre du Liban de 2006, il a commencé à s’essouffler. Depuis 2004, le Parti communiste, le nouveau Parti social-démocrate et le Parti révolutionnaire (trotskiste) ont tous gagné du terrain parmi les travailleurs, mais Kefaya dans son ensemble demeure marginal dans le mouvement ouvrier.

Mais le soutien que Kefaya a apporté à la grève générale du 6 avril a été jugé suffisamment inquiétant pour entraîner l’arrestation de M. George Ishak et de cinquante autres membres fondateurs de l’organisation*. L’acte d’accusation était parfaitement mensonger, comme à chaque fois que le régime s’en prend à l’opposition.. Le 11 avril, une délégation de vingt-cinq universitaires s’est dirigée vers Mahallah Al-Koubra pour manifester sa solidarité et rendre visite aux familles des prisonniers et aux blessés. Elle a été bloquée à vingt kilomètres de la ville. Ces événements témoignent d’une intensification des mesures de répression à l’encontre des opposants laïques, répression qui
s’ajoute à celles qui s’exercent, de longue date déjà, contre les Frères musulmans.

Le succès de leur grève place les ouvriers de Mahallah Al-Koubra à la tête de l’immense révolte ouvrière qui a mobilisé jusqu’à quatre cent mille personnes  : grèves, occupations d’usine, manifestations et autres formes d’action collective se sont succédé depuis 2004. Ce mouvement ouvrier a incité d’autres catégories sociales à recourir à la grève ou à la menace de grève, dans les professions libérales par exemple : médecins, universitaires, dentistes. Il s’agit du mouvement social le plus important en Egypte depuis la campagne contre l’occupation britannique, au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Ce phénomène social est surtout une réaction contre le programme néolibéral, contre la mise en place d’une nouvelle Egypte qui comprendrait à peine 10 % de la population, excluant les ouvriers, les employés, et surtout les fonctionnaires d’un secteur public qui se réduit comme peau de chagrin. A la suite des accords passés avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale en vue de la réforme et de l’ajustement structurel de l’économie, et de leur traduction dans la législation du pays en 1991, trois cent quatorze entreprises publiques sont devenues candidates à la privatisation.(...)"

 

 

Extrait de l'article de Joël Beinin du Monde Diplomatique "Mobilisations ouvrières sans précédent depuis 1948 L’Egypte des ventres vides

 

 

 

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