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j-jour Le réveil a enfin sonné

j-jour Le réveil a enfin sonné

Si nous ne nous occupons pas de ce qui nous regarde, qui le fera? Et qui le fera bien?


"Un ennemi bien plus dangereux

Publié par j-jour sur 28 Novembre 2010, 15:33pm

Catégories : #La chose publique et nous

...que tous ceux que la France a dû combattre dans son histoire"

 

Je me permets de publier sur ce blog

L'analyse remarquable de Jean-Pascal en commentaire à un article sur le site réseau citoyens résistants (

réseau né le 31 octobre 2010  (Lire ici le faire-part)

"Warren Buffet déclare le 20 novembre 2006 au New York Times : « Il y a une guerre des classes, c’est sûr,

 mais c’est ma classe, la classe des riches, qui fait la guerre et nous sommes en train de la gagner ».
La guerre des classes est déclarée !

 

Dans cette guerre nous sommes conviés à résister à la barbarie
Notre démocratie est envahie par un ennemi beaucoup plus dangereux que tous ceux que la France a du combattre

dans son histoire : une idéologie darwiniste sans merci qu’on peut appeler le libéralisme absolu.

Cette idéologie a un projet universel : la marchandisation du monde et de toutes les activités humaines sans exception pour un objectif simple : accroître le capital de ceux qui le détiennent.

Comment ?

 

1. Conquérir la pensée politique des démocraties en créant des situations de crise. La récente crise financière,

les attaques spéculatives conte la Grèce sont un des moyens de créer des situations où le pouvoir politique sera convaincu que le seul remède est la diminution des prérogatives et du contrôle de l’Etat.

Les gouvernements s’attachent désormais à rassurer les marchés et les « Agences de Notation » par des mesures qui réduisent l’intervention de l’Etat dans la vie nationale tout en tentant, par une communication manipulatoire de type

« Il n’y pas d’autres choix ! » d’obtenir le consentement du peuple pour éviter toute contestation et toute insurrection.

 

La perversité de cette invasion intellectuelle tient dans le détournement des mandats des élus du peuple qui ne rendent plus compte à celui-ci mais à une force floue anonyme : les marchés, détenteurs du capital ; l’ennemi avance masqué.

Les crises ont l’avantage de sidérer les populations, de les démunir d’instruments de réflexion pour qu’ainsi les pouvoirs médiatiques et économiques s’emparent des esprits. Les élus deviennent alors des affidés de l’idéologie du marché, exécutant les basses œuvres par ce qu’il est désormais convenu d’appeler : des réformes.

 
Les premières expériences du libéralisme absolu ont été menées dans le Chili de Pinochet, il s’agit maintenant de mettre en œuvre les visions de Friedman et d’Hayek avec le consentement des peuples, détruire tous les instruments de solidarité (sécurité sociale, retraite, aides au plus démunis, etc.) pour détruire le lien social et obtenir ainsi une masse moutonnière et servile.

 

2. Conquérir les domaines qui échappent au monde marchand : santé, éducation, transports, énergie… désarmer l’Etat donc le peuple, le priver de ses capacités d’action, des moyens d’assurer sa souveraineté, lui dérober ses propriétés (autoroute, banques, structures portuaires et aéroportuaires, assurances…) tout ce qui permet à un peuple d’être

maître de son destin, de conduire une politique, de faire vivre une démocratie. La stratégie marchande est simple : appauvrir les services publics en les « sous-budgétant », en les désorganisant, en réduisant les effectifs, en y instaurant le management (art de l’inefficacité) pour laisser le champ libre à l’activité privée ; au marché.

 

Qui profitent et profiteront du désengagement de l’état dans l’enseignement (réductions des effectifs enseignants par exemple) ? Les entreprises de soutien scolaire. Qui profiteront des insuffisances de moyens dédiés aux hôpitaux ? Les cliniques privées. Qui profiteront du retrait de l’état dans l’aménagement du territoire ? Les entreprises de BTP. Qui profiteront de la désertion des forces de l’ordre de certains territoires de la République ? Les milices privées. Victoire incontestable du marché aujourd’hui, défaite des peuples !

 

3. Maintenir la paix sociale par le rabâchage ad nauseam des mêmes antiennes : compétitivité des entreprises,

dette de l’Etat, mondialisation, austérité, rigueur… la novlangue de la modernité, débarrassée de la grammaire et de la syntaxe au nom de l’efficacité. Si ce « décervellement » ne suffit pas, créer une angoisse : l’ennemi intérieur.

Il a pour nom le jeune, l’immigré, le tzigane, l’anarchiste tapi dans l’ombre à Tarnac et maintenant le « français d’origine étrangère ».Déferlement de forces policières télégéniques, rodomontades des « responsables », campagne de propagande construite sur des faits divers, « légifération » sécuritaire hystérique.

 
L’ennemi intérieur est aussi viral, alimentaire, comportemental, déchaînement hygiéniste, interdits multipliés concentrant ainsi l’attention des peuples sur les nouvelles règles dont l’objectif fantasmatique est le risque zéro.
Enfin, maintenir l’ordre dans les camps de travail que sont devenues les grandes entreprises : management par la pression, menace de délocalisation, manipulation et délinquance relationnelle ; restent le suicide, ultime acte rebelle, la désobéissance et le sabotage, la dépression ou la soumission.
Le citoyen est par essence irresponsable, il convient alors de le materner, le discipliner, de penser pour lui jusqu’à ce que volontaire, il se soumette à Big Market.

 

Débattons-nous encore du bien fondé ou non du libéralisme ? Non, il s’agit de savoir dans quelle société nous voulons vivre. Dépendrait-elle des détenteurs du capital ? « C’est l’impossibilité de gagner leur vie par tout autre moyen qui contraint nos fermiers à cultiver une terre dont ils ne mangeront pas les fruits et nos maçons à construire des demeures dans lesquelles ils ne vivront pas. C’est le besoin qui les pousse vers ces marchés où ils attendent les maîtres qui leur feront la gentillesse de les acheter. C’est le besoin qui les force à s’agenouiller devant le riche pour lui demander la permission de s’enrichir (…) Quel est le gain effectif que lui a procuré la suppression de l’esclavage ? (…) il est libre dites-vous ; eh ! voilà son malheur. L’esclave était précieux aux yeux de son maître pour l’argent qu’il lui avait coûté.

Mais l’artisan ne coûte rien au riche voluptueux qui l’emploie. (…)

 

 Ces hommes soi-disant n’ont pas de maître – ils en ont un et le plus terrible, le plus impérieux de tous les maîtres : la nécessité. C’est cela qui les réduit à la plus cruelle dépendance. » Ces mots de Simon Linguet sont d’une actualité saisissante. Le débat sur le modèle économique n’en est pas un ; on ne débat pas sur un outil ou alors l’outil remplacerait la volonté et c’est toute la perversité de la pensée libérale absolue que je dénonce ici. L’économie libérale absolue est un système darwinien : compétition entre les espèces : survivance des plus aptes, prédateurs en petit nombre et proies en grand nombre. Penser que la nature est bonne est une idéologie qui tord le réel ; penser que l’économie est naturelle et que toute intervention humaine pourrait perturber l’harmonie est une pensée barbare. C’est une disqualification de l’Homme au profit de divinités supérieures transcendantes.

 
Non les lois naturelles ne sont pas justes et c’est cette injustice que la civilisation essaie de redresser. Comme la nature, l’économie est une loi qu’il faut soumettre par la Loi des Hommes aux intérêts collectifs.
L’idéologie libérale absolue nous propose donc la théorie de l’évolution des espèces comme modèle de développement, équilibre naturel réputé harmonieux et durable. J’en conteste les bienfaits et l’idée même. Je veux rappeler ici des textes inspirés de cette loi naturelle qui glacent d’effroi la moindre raison humaine :
« « Mais, en général, on ne doit pas oublier que le but suprême de l’existence des hommes n’est pas la conservation d’un État : c’est la conservation de leur race ».
« Le monde n’est point fait pour les peuples lâches ».
« Anéantir avec une décision brutale les rejetons non améliorables ».
« Il faut dire aux natures faibles qu’il s’agit en cette occurrence d’être ou de ne pas être ».
« La nature éternelle se venge impitoyablement quand on transgresse ses commandements. » extraits de Mein Kampf.

 

Le libéralisme absolu prétend donc laisser le marché régir les relations entre les hommes ; compétition, efficacité, productivité, mort sociale et vie marchande : Dieu reconnaîtra les siens ! Quelles sont les nouvelles divinités de l’Olympe marchand encensés par les pouvoirs démocratiques vassalisés ? Bernard Arnaud, François-Henri Pinaud, Bill Gates, Warren Buffet, Albert Frère… des prédateurs de haute volée ; des naturalistes absolus, des libéraux absolus.
Nous y opposons : « Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer » ». Extrait de l’appel des Résistants du 14 mars 2004.

C’est cet esprit civilisateur que ces résistants ont tenté de défendre face à la brutalité de la sélection naturelle, fondement de l’idéologie nazie. C’est aujourd’hui la résistance qu’il faut mener face au nouvel assaut de l’idéologie : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.

 

 Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité Sociale, paritarisme… A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mise en place entre 1944 et 1952 sans exception. Elle est là ! Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance ». Denis Kessler, ancien vice-président du Medef, revue Challenges, 4 Octobre 2007.
Rien à ajouter dans ce propos qui prône la déconstruction de ce qui fait notre nation.

 

Résister pour quoi faire ?
Conserver des acquis ? Non, conserver des invariants culturels, se réapproprier les instruments pour conduire le destin de notre nation.
Il s’agit d’ouvrir quelques pistes pour reprendre le pouvoir que les marchés nous ont volé, nous privant ainsi des instruments de mise en œuvre de la volonté du peuple.
Le bien public est une question centrale. La conduite d’une politique pour un pays est possible s’il dispose d’instruments au service de celle-ci : une banque, des moyens d’aménagement du territoire, l’énergie, l’eau, la santé et système de soins, l’enseignement, la défense, la justice… Cette liste n’est évidemment pas exhaustive mais nous pourrions définir ces instruments compte tenu de leur finalité : assurer le développement culturel (au sens large) d’une nation vers un peu plus de civilisation, pour le peuple et par le peuple.
Ces instruments sont la propriété collective des citoyens et, pour en être propriétaire, chacun finance ceux-ci à la hauteur de ses possibilités quelque soit la nature du revenu (travail et capital). Aujourd’hui, selon la cour des comptes, 176 milliards d’euros (la moitié du budget de la nation) se soustraient au financement collectif (exonérations fiscales et sociales).
Cette réappropriation de ce qui a été dérobé ne pourra être possible que dans la mesure où une démocratie (le pouvoir au peuple) sera restaurée et, entre autre, que l’Etat soit l’outil d’exécution de la volonté du peuple.

 

L’économie ? Un instrument contribuant aux finalités collectives décidées par le peuple et rien d’autre. Que les marchands marchandent poursuivant leurs intérêts sans que ceux-ci nuisent à la collectivité, que les entreprises s’enrichissent sans que la collectivité n’en soit appauvrie, Mais qu’elles restent dans leur domaine de compétence ; nous n’attendons pas du Medef qu’il gouverne même si l’envie ne lui manque pas ; « La liberté de penser s’arrête là où commence le code du travail » dit Laurence Parisot, nous ne parlerons pas de sa prétention à penser mais bien, comme Milton Friedman, de son aversion de la loi, expression du peuple.
L’économie, parce que c’est un outil brut, doit être polie, modifiée, arrangée, taillée (je ne fais ici aucune différence avec le silex) pour répondre aux intérêts des citoyens, les débats sont alors techniques, il serait arrogant de continuer à penser qu’elle est une science (mensonge devenu vérité à force d’être répété).

 

La question immédiate d’un libéral est immanquablement : Les activités conduites par l’Etat seront-elles ouvertes à la concurrence ? La réponse est l’égalité en droit de chacun : le système concurrentiel dans le domaine public n’est possible que s’il se soumet à ce droit. Ce qui est obligatoire dans une république c’est la solidarité, ce qui est obligatoire c’est la répartition des richesses au nom de cette solidarité : un citoyen ne peut se soustraire à ses devoirs s’il veut profiter de ses droits même si l’on peut douter de la justesse de cette redistribution aujourd’hui ; mais l’Etat est-il encore légitime ?
Bien sûr, l’argument invoqué alors est : « la concurrence fait baisser les prix ». Que dire du prix de l’électricité depuis l’ouverture du marché ?

Plus généralement, notre pays doit s’émanciper de tous les pouvoirs illégitimes : FMI, « Les fameux marchés », l’OMC, La Commission Européenne, Les Agences de Notation… et décider par lui-même et pour lui-même. Et qu’on ne nous fasse par le coup de la mondialisation. En 1789, la république française tentait de naître alors que le système mondialisé était monarchique ; ce système a bien été obligé d’accepter la détermination d’un pays à conduire ses affaires par la loi du peuple malgré les épreuves de force (Valmy).

L’idée qui doit présider à la conduite d’une politique est celle de la construction de la civilisation : asservir la loi naturelle excluant le plus faible, soigner le malade pour que la nature ne l’emporte pas, sortir enfin de la loi de la survivance du plus apte, enseigner à ces jeunes gens à l’abri du fracas économique pour qu’ils soient aptes à construire leur vie de citoyen, prendre en charge ce que l’âge exclurait de la communauté si la nation ne faisait pas œuvre de solidarité. C’est pourquoi, nous ne pouvons laisser ce projet à l’économie qui est la formulation la plus brutale de la loi de survivance d’autant qu’elle serait laissée libre de se déployer si l’on en croit les libéraux absolus.

Nous n’admettrons jamais que l’inégalité naturelle devienne l’inégalité des droits.
Le Conseil National de la Résistance, fort des vies sacrifiées, nous rappelle dans son projet cette sagesse qui permit de défaire la barbarie (provisoirement puisqu’il faut de nouveau l’arrêter). Les termes de ce projet ont l’âme des combats menés contre l’oppression, ils ont le cœur des vies tombées pour une égalité qui fut perdue, ils ont le sens de combat mené pour une fraternité qui fut décimée.
Résistons au nom des corps perdus, au nom de l’idée retrouvée qui traverse la mémoire de la civilisation ; c’est une histoire d’aujourd’hui.
Que Monsieur Kessler porte parole des marchés, ultra-libéral affiché, veuille déconstruire ce projet nous indique la réalité de son idéologie, de l’idéologie insidieuse qui envahit le corps du pays. Ne rien ajouter maintenant, car tout souvenir qui fait projet mérite le silence.

Rompre ce silence pour conclure par une citation de Lacordaire : « c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. »"

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