Tandis que l'UE se voit refuser par l'OMC le droit de ne pas manger de boeuf aux hormones en provenance des Etats-Unis
sous prétexte qu'il ne serait pas prouvé scientifiquement que c'est dangereux, le pouvoir en Corée du Sud lui se voit destabilisé par des citoyens fort remontés contre la reprise d'importations de boeuf américain.
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Mise à jour ce mardi, 10 juin
...destabilisé au point de "présenter sa démission", le gouvernement coréen.
devant la radicalisation qui se traduit par une prise de conscience politique dans le mouvement
"(...)Les manifestations entendent sanctionner le gouvernement de Lee Myung-Bak qui continue d'ignorer les demandes de la population", a déclaré un porte-parole des contestataires.
Face au tollé national, le gouvernement a annoncé début juin que son pays n'accepterait pas d'importations de viande de bovins de plus de 30 mois, retardant de fait la reprise des importations.(...)"
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On peut les comprendre en lisant l'article documenté du site HNS-info.net (Hactivist News Service) dont je cite ici seulement quelques extraits, et on peut continuer à se demander ce qu'il en est du bien fondé et de la légitimité du rôle de ces gouvernements qui ne s'avèrent même pas capables de protéger les peuples qui les ont mis en place contre de puissants intérêts économiques et financiers multinationaux.
"Corée du sud : le pouvoir déstabilisé par un mouvement autonome à propos de l’importation de vache folle américaine.
En Corée du sud, le nouveau pouvoir est déstabilisé par un important mouvement de contestation contre l’importation de bœuf américain potentiellement contaminé par l’ESB, la "maladie de la vache folle". Depuis moins d’un mois, ce mouvement rassemble régulièrement dans la rue des dizaines de milliers de personnes et bénéficie du soutien de millions de sympathisants. Les origines de la contestation ainsi que les formes de lutte présentent des aspects politiques et (non)-organisationnels particuliers signant la crise de la démocratie représentative. La répression par le pouvoir affaiblit prend des formes vicieuses qui rappellent à certains des méthodes d’un temps qu’ils croyaient révolu.
(...)
Vache folle et vulnérabilité de la population sud-coréenne Lutte atypique et répression vicieuse
En Corée du sud, la population présente un risque démultiplié pour deux raisons. Premièrement de part leurs habitudes alimentaires, les coréens consommant couramment de la moelle d’os de boeuf bouillis. Deuxièmement son profil génétique la surexpose à cette maladie : 100% des humains l’ayant contractés étaient porteurs d’un génotype particulier dit Met/Met. Environ 40% de la population générale possède ce profil génétique, mais chez les coréens ce taux atteint 95%. Par ailleurs les scientifiques ne savent pas si les autres profils génétiques (Met/Val, Val/Val) pour lesquelles aucun cas humain n’a été détectés jusqu’à présent immunisent contre le prion pathogène, ou bien s’il ne fait que rallonger la durée d’incubation.
Certains comme le gouvernement Coréen ou Étasunien usent d’arguments idéologiques (les gouvernements servent l’intérêt des populations) et scientifiques (extrapolation du risque) pour justifier leur business. Ils arguent que l’épizootie a été globalement jugulée, que le nombre de cas humains (environ 214 cas) indique un risque réduit et acceptable, et que les contrôles sont dorénavant efficients.
(....)
Mais devant l’ampleur du mouvement la police a menacé d’arrêter les "Netizens" ainsi que les organisat-eur-rice-s des manifestations afin de les traduire en justice. Le serveur de la police fut alors saturé par des milliers de messages tels que :
"Je vous informe que mon fils est fortement actif pour la diffusion de rumeurs sur la vache folle"
"Mon désir de vivre peut-il devenir un crime ?"
"Pensez-vous encore vraiment que la dictature est possible ?"
"J’accuse CNN et la FDA de rumeurs et de désinformation"
"J’avoue avoir informé mes connaissances des risques de l’ESB"
"Je n’ai pas pu participer à ces manifestations mais le cœur y était".
Ceci n’a pas empêché le gouvernement de mettre ses menaces à exécution en envoyant directement la police dans les lycées, interrompant des cours afin d’interpeller et d’interroger certains élèves. Il en fut ainsi pour un élève ayant tenté de déclarer - pour une fois - une manifestation à la préfecture.
Si des organisations politiques au sens traditionnel sont présentes, elles se montrent particulièrement discrètes. Ceci peut être dû à leur volonté de ne pas permettre au gouvernement d’attribuer une étiquette idéologique au mouvement, mais plus probablement à l’impossibilité pour elles d’en prendre le contrôle. Les partis politiques bourgeois, y compris de droite, semblent faire du suivisme en s’alignant progressivement sur les revendications de la rue. Le parti des travailleurs, parti progressiste de gauche, a annoncé qu’il payerait des avocats pour les lycéen-ne-s poursuivis. On note la présence dans les manifestations d’éléments trotskistes et d’autres forces anti-capitalistes, mais les revendications principales sont plus limitées."