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j-jour Le réveil a enfin sonné

j-jour Le réveil a enfin sonné

Si nous ne nous occupons pas de ce qui nous regarde, qui le fera? Et qui le fera bien?


Clearstream: nous tenons au moins un bout, sachons ne pas le lâcher

Publié par j-jour sur 20 Mai 2006, 14:01pm

Catégories : #Incompétences - négligences - scandales politiques -

Attention à ne pas se laisser "lasser" par le martèlement des médias sur l'Affaire Clearstream.
C'est une affaire dont les citoyens français auraient tout intérêt à s'emparer avec exigence ne serait-ce que pour se prouver qu'ils peuvent ne pas être dupes de ceux qui manipulent dans et sur leur dos.

Cette affaire a le mérite de nous permettre de saisir un bout de ficelle qui si on le suit aboutit à des noeuds importants à démêler. Extrait d'un échange avec l'ex-directeur de la D.S.T sur le forum du Nouvel Obs que je citais dans un article précédent:

http://forum.nouvelobs.com/archives/forum_606.html

 

question de : Internaute
Question :   1. Le général Rondot m’apparait comme un honnête homme qui a été entraîné à son corps défendant dans un coup foireux. Sa déposition est très claire, il confirme l’authenticité de ses notes .Il atténue ses déclarations pour ne pas être considéré comme le responsable de l’implosion du gouvernement.
2. Effet secondaire de l’affaire, les représailles contre Van Ruymbeke, dont la conséquence prévisible est le classement sine die du dossier des frégates, ce qui doit arranger gauche et droite. 900 millions d’euros détournés, une douzaine de cadavres. Les citoyens pris pour des billes.
3. Retour du thème : les "petits juges" sont des malfaisants, ils déstabilisent les politiques, ils ont extorqué des déclarations au général Rondot pour nuire au pouvoir.
4. Consanguinité étonnante : Villepin, ami de Gergorin. Lahoud sorti de prison par Villepin (en vertu de quel droit?). Lahoud dont le beau-père a été conseiller de Chirac à Matignon, l’épouse conseillère au Quai d’Orsay, le père ami de Rondot , le frère dirigeant d’une société missilière.
Tout va bien, non ?
Réponse :   Je vois que vous êtes bien informé. Comme vous, je souhaite que cette affaire ait pour conséquence de faire revenir sur le devant de la scène l’affaire des frégates de Taïwan. A titre d’exemple, je n’ai jamais reçu d’explication quant au prix "faramineux" de ces beaux bateaux, facturés à Taïwan beaucoup plus chers qu’à notre marine. Il faut laisser travailler les juges sur ce dossier et je regrette que l’on s’en prenne aussi rapidement au juge Van Ruymbeke. Le Garde des Sceaux à été beaucoup moins prompt à réagir à l’affaire elle même...

 

J'en retiens qu'il ne faut pas que nous  laissions les manipulations contre le juge Van Ruymbeke enterrer le dossier des frégates, dans l'intérêt évident de ceux qui en ont profité contre les intérêts de tous les Français (et évidemment des Taiwanais).

Et sur la faiblesse regrettable du niveau de conscience des hommes politiques, voici ce que Denis Robert répond

sur le forum de libération.

 

"Abbit: Puisque l'Europe permet Clearstream, comment convaincre les députés de ne plus le permettre?
C'est un problème très politique qui dépasse mon ressort. Je manque cruellement de relais au niveau politique et même si Peillon, Montebourg, Besancenot et quelques autres sont conscients du problème, ils restent isolés. J'aimerais que Villepin, Sarkozy ou Hollande s'emparent vraiment de cette question du contrôle indépendant de cette chambre de compensation internationale qu'est Clearstream. C'est une clé pour lutter contre la mauvaise mondialisation financière qui permet l'évasion de capitaux et l'assèchement de nos économies." Denis Robert

 Justement Vincent Peillon dont  Denis Robert parle est intervenu sur le forum du Monde le 11 mai sur le thème "Corruption, scandale financier :

l'autre affaire Clearstream"

 "Imotehp :  Y a-t-il eu, selon vous, au niveau des instances européennes une volonté d'étouffer cette affaire ? Merci. Raoul Mirre (Issy-les-Moulineaux). 

Vincent Peillon :  Il n'y a eu aucune volonté européenne d'enquêter sur Clearstream. Je parle là de la chambre de compensation. Harlem Désir, député européen, dans la précédente législature européenne, avait interpellé la Commission européenne sur ce sujet. Et le commissaire européen de l'époque lui avait répondu en gros : circulez, il n'y a rien à voir.  

France Inter a révélé il y a une dizaine de jours que ce fameux commissaire, Bolkestein, depuis qu'il a cessé ses activités, est administrateur de la banque Menatep, qui elle-même était cliente de Clearstream. On n'a senti à aucun moment une volonté européenne de régler la question de fond du contrôle public sur ces opérateurs.  

Et on voit bien d'ailleurs, sur le territoire européen, la concurrence fiscale, les paradis fiscaux et les territoires non coopératifs, au sens judiciaire du terme, les trafics en tout genre (pensez aux 40 000 jeunes femmes qui seront présentes en Allemagne pour la Coupe du monde de football).  

Zepinch :  1. Comment est-il possible qu'une société comme Clearstream, incroyable outil à transférer dans le secret des fonds provenant de n'importe quelle origine, soit tolérée au sein de notre Europe ? 2. Peut-on envisager d'exiger la transparence de ses comptes, ou de rendre illégale son activité ? 3. De plus, s'il est exact que 9 000 milliards de dollars (!!!) transitent chaque année par cette société, n'a-t-elle pas une trop grande influence sur l'économie... mondiale ?  

Vincent Peillon :  D'abord, c'est absolument incroyable. On contrôle tout le monde, par les puces bancaires, nos numéros d'identification, etc. Pourquoi pas ? Mais on ne contrôle pas certaines choses, et en particulier ces flux financiers considérables. Ce n'est pas normal.  

Le problème est parfois très simple : quand vous situez une société comme Clearstream au Luxembourg, qui est un tout petit pays, vous avez une très grosse société dans un tout petit pays. Ce petit pays n'a pas les moyens matériels, humains, de contrôler cette société.  

L'équivalent de ce qu'on appelle en France la Commission bancaire, au Luxembourg, c'est quelques personnes. Et cette société est basée à Luxembourg, mais les actionnaires et les transactions qui passent par elles viennent de toute l'Europe et même au-delà.  

Le problème, c'est qu'on dit que c'est au Luxembourg de contrôler, mais c'est une hypocrisie, car on sait qu'il ne peut pas le faire. Et la prospérité du Luxembourg provient d'ailleurs du fait, comme d'autres territoires de cette nature, qu'il contrôle assez peu.  

Or on n'a jamais posé la question d'un contrôle, par exemple, européen. Puisque Clearstream est une société dont les actionnaires sont européens, ce serait à l'Europe de mettre en place des institutions de contrôle européennes plutôt que de dire que les Luxembourgeois se débrouillent.  

La question majeure pour le XXIe siècle est : comment construire un ordre public international ? On est dans une économie ouverte, tout le monde le dit, la mondialisation est un fait, qu'on apprécie ou non, et on n'a pas construit les instruments européens et multilatéraux pour reconstruire au plan européen et au plan international les régulations démocratiques, économiques, sociales qui existaient dans le cadre des nations. C'est cela qu'il faut faire.  

Or, évidemment, il y a beaucoup de gens qui profitent de cette absence de régulation, et des intérêts très puissants. Des intérêts maffieux, mais pas seulement. Toute une partie de ce qu'on appelle la finance internationale aussi. Ces intérêts très puissants, criminels ou pas, résistent à cette régulation. Ils n'en veulent pas.  

On va donc être dans une logique d'affrontement d'intérêts, comme on l'avait été dans le cadre des nations. Dans le cadre des nations, on n'a pas construit nos démocraties, nos régulations démocratiques, économiques, sociales sans qu'il y ait eu des luttes. "

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