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"Muckrakers":
Littéralement "râcleurs de boue", traduit souvent de manière plus vulgaire et plus péjorative par "fouille-merde" en français, est un terme forgé par Théodore Roosevelt pour désigner ces journalistes et écrivains qui donnèrent aux médias leurs lettres de noblesse en portant à la lumière le plus dérangeant à voir, engagés qu'ils étaient dans la dénonciation des inégalités de l'Amérique du début du siècle.
Un article du Monde diplomatique d'Août 2003 de Serge Halimi nous rappelle un certain âge d'or de la presse:
"Quand la presse américaine était vivante".
Extrait:
"(...)
Lorsqu’un chien mord un homme, ce qui arrive tous les jours, ce n’est pas une information. En revanche, si un homme mord un chien, là c’est de l’information. » Ce précepte de « bon sens » a été ressassé par toutes les écoles de journalisme. Toutefois, la presse le pratique inégalement. La chaleur en été, les bouchons le week-end, la neige en hiver n’ont jamais autant encombré les antennes et les ondes. En revanche, la vie ordinaire des gens ordinaires, le quotidien de leur exploitation et de leurs combats en ont disparu .
Ce ne fut pas toujours le cas. Autrefois, sur ces sujets, les journalistes savaient écrire, enquêter. Faire davantage que recopier les communiqués poncés des entreprises et les fax que leur envoient juges d’instruction et policiers. Aux Etats-Unis, on associe cet « âge d’or » au nom de « muckraking », une expression qui conjugue les mots de « tourbe » (muck) et de « râteau » (rake). Le stylo tenait lieu de râteau ; il remuait la tourbe agglomérée au bas de l’échelle sociale par les méfaits des forbans distingués de la haute société. Le stylo s’en prenait aux maîtres, pas à ceux qui leur résistaient. Ce genre de journalisme avait du pain sur la planche dans un pays que Henry James qualifiait, il y a un siècle, de « gigantesque paradis de la rapine, envahi par toutes les variétés de plantes vénéneuses qu’engendre la passion de l’argent ». Cent ans, que le temps passe vite ! (...)" (c'est moi qui mets en gras)