Décidément les forums sont des mines d'information très intéressante:
Je viens de trouver ce message sur le forum de France2, section Europe:qui synthétise une enquête approfondie, auprès de 25 000 européens, que l'on trouve en entier à ce lien: http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/ebs/ebs_251_fr.pdf
"Les chiffres sont tombés, publiés par Bruxelles. Ils sont sans appel. A la suite du légitime « non » français et néerlandais à la Constitution, une très longue période de réflexion s’est ouverte, en forme d’introspection mais aussi d’ouverture vers les citoyens européens. Le lancement en 2006 du plan « D » comme Démocratie, Dialogue et Débat participe de cette volonté d’écouter et d’échanger avec les citoyens européens pour mieux comprendre leurs préoccupations, leurs espoirs. Il est un appel à l'action en vue de trouver des solutions qui permettent de combler le fossé entre l'Union européenne et ses citoyens.
Dans ce contexte, la Direction générale Communication a souhaité réaliser une vaste enquête sur le thème du futur de l’Europe. Pour ce faire, près de 25 000 personnes dans les 25 Etats membres de l’Union européenne ont été interrogées selon la méthodologie des sondages. Toutefois, au vu des chiffres qui suivent, il semblerait que l’avenir de notre grande Europe de Paix et de Prospérité soit définitivement compromis. Ces chiffres suffisent à comprendre le pourquoi de son agonie et justifient son déclin. Elle n'y survivra peut-être pas.
- 75% des européens sont hostiles à une Constitution pour l’Europe
- 64% des européens sont contre l’élargissement à 27
- 71% des européens sont contre l’adhésion de la Turquie ou d’un pays musulman
La suite est tout aussi traumatisante :
- Plus d’un citoyen sur trois a des difficultés à « joindre les deux bouts ». Portugal (61%), Grèce et en Italie (58%), en Lituanie (54%) et dans une moindre mesure à Malte (48%) et en Lettonie (47%). Ces pays sont pourtant ceux bénéficiant des subventions les plus importantes alors qu’ils ne participent que très faiblement au financement de l’UE. Ces chiffres démontrent que les subventions ne suffisent pas à redresser l’économie.
- Les Tchèques nous font part spontanément de leur regret de faire partie de l’Union.
- Pour 49% des Français, l’Union européenne n’est qu’un ensemble d’institutions sans intérêt.
- 21% des répondants à Chypre pensent avant tout à l’augmentation des prix quand ils entendent les mots « Union européenne »
- 58% des Lettons estiment que l’appartenance à l’Union est inutile.
- 55% des Lituaniens partagent le scepticisme d’une partie de leurs voisins Lettons.
- 22% des Maltais voient dans l’Union des opportunités commerciales, notamment grâce au Marché unique (9% de citations en moyenne) mais 44% estiment que l’Union européenne est une mauvaise idée, une régression.
- 38% des Néerlandais pensent que l’Union européenne est synonyme de coopération entre les Etats membres mais pour 55% d’entre eux il s’agit d’une perte de temps et d’argent.
- Autriche : la majorité des citations autrichiennes peuvent être qualifiées d’eurosceptiques. 68% des Autrichiens mentionnent spontanément l’inflation, 66% leur déception de faire partie de l’Union, 73% évoquent les conséquences potentiellement négatives de l’immigration.
- pour seulement 23% des Polonais les mots « Union européenne » évoquent quelque chose de positif, un progrès, un futur meilleur (soit 8 points de plus qu’en moyenne)
- Pour un tiers des Portugais, l’Union européenne n’est avant tout associée qu’à ses institutions.
- 35% des Slovaques voient avant tout dans l’Union la mobilité
- Pour 54% des Finlandais l’appartenance à l’Union est inutile.
- 51% des Suédois considèrent spontanément que l’appartenance à l’Union européenne est une perte de temps et d’argent.
- les répondants au Royaume-Uni sont très majoritairement anti européens.
- Plus d’un citoyen sur deux (53%) estime tout de même que le terme « Technocratique » s’applique bien à l’Union européenne et 53% des répondants considèrent que l’Union européenne peut-être qualifiée « d’inefficace ».
- Parce qu’il paraît plus utile d’identifier les lacunes de l’Union dans le cadre de cette analyse, nous choisissons de mettre en avant les pays les plus enclins à associer l’Union à des qualificatifs négatifs. Il s’agit essentiellement des pays scandinaves, au premier rang desquels on retrouve la Suède, le Danemark et dans une moindre mesure la Finlande. Les Néerlandais, les Autrichiens et les Britanniques se montrent également assez critiques
notamment lorsqu’il s’agit de se prononcer sur des qualificatifs comme « inefficace » et « technocratique ».
N’attendant a priori « rien » de l’Europe, ces opposants pourraient se complaire dans le gel du processus d’unification européen.
- Dans la zone Euro : l’Allemagne se distingue des autres pays ayant introduit la monnaie unique par un regard globalement plus critique sur les effets potentiels de l’Euro. Il s’agit du seul pays où une majorité se dégage très nettement pour penser que l’économie allemande aurait été plus compétitive sans l’Euro. Une majorité d’Allemands, de Néerlandais et d’Autrichiens ne pensent pas que leur ancienne monnaie aurait été vulnérable sur les marchés des changes.
- 52% des Français (contre 39% qui ne sont pas de cet avis) rejoignent ce groupe de pays pour considérer que l’Euro n’a pas réduit l’inflation.
- En dehors de la zone Euro : le Danemark et le Royaume-Uni apparaissent comme les pays où une majorité de personnes interrogées se positionnent négativement par rapport à la monnaie unique. De plus une majorité relative de Chypriotes, de Suédois et de Britanniques estiment que leur économie serait plus compétitive si l’Euro n’était pas introduit dans leur pays.
- Moins de 9% veulent une armée commune !
- 64% des personnes interrogées estiment que l’élargissement à 27 n’était pas souhaitable et 78% refusent un nouvel élargissement de l’Union européenne. Confirmant les résultats précédant, les Autrichiens, les Français et les Finlandais sont les premiers à décrire des sentiments négatifs liés à cette perspective d’élargir une nouvelle fois l’Union. Les Allemands et Luxembourgeois ne sont pas en reste.
- 69% pensent que l’élargissement est la cause des problèmes sur les marchés nationaux de l’emploi.
Compte tenu de ce qui précède et notamment de l’importance que revêt la politique de lutte contre le chômage aux yeux des Européens, il s’agit là d’une crainte à laquelle l’Union européenne doit répondre. Elle s’avère fortement exprimée à Chypre (82%), en Allemagne (80%), en Autriche (75%) et en France (72%). Elle paraît moins présente dans l’esprit des Polonais (45%), des Lituaniens (45%) et des Tchèques (49%).
En moyenne, 72% des sondés pensent que l’Union européenne est incapable d’endiguer le chômage.
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La morosité et l’europessimisme n’est pas l’exclusivité des français et des Hollandais mais cette tendance est bien généralisée aux 25 pays membres. L’Europe ne fait manifestement plus rêver les Européens. »
Je n'ai pas l'impression que Monsieur Giscard D'Estaing ait bien pris note de ce que cette enquête nous apprend.
Passé ce soir à Question ouverte, ce monsieur est revenu nous dire qu'une partie des français avait rejeté la constitution, mais que dire que la constitution était morte, c'était faire de la manipulation, que l'on avait donner aux français un texte impossible à lire, qu'ils ont voté non dans un certain contexte, mais que quand le contexte aurait changé (après la présidentielle) , et bien il serait temps de faire accepter la constitution- pas un nouveau traité- mais avec un autre procédé.
Braves vaches françaises, on vous met un seau, vous allez bien finir donner un lait proconstitutionnel, non?