| http://www.pan-europe.org/europa/v_21/art_scientifiques.htm#1 "La puce VeriChip et les immigrants mexicains aux Etats-Unis par Jean-Paul Baquiast (10/06/06)
Scott Silverman, président du conseil d'administration de VeriChip Corporation, fabricant de la puce à radiofréquence VeriChip, a proposé récemment sur Fox News d'implanter de telles puces dans le corps des immigrés et travailleurs saisonniers entrant sur le territoire américain. Cette proposition est venue après que le Président Bush ait réclamé des mesures de haute technologie afin de mieux contrôler l'immigration mexicaine et latino-américaine aux Etats-Unis. Le Président a dit souhaiter savoir avec précision « qui est dans notre pays et pourquoi il s'y trouve ». La VeriChip, convenablement chargée en informations de police lors du passage de l'immigrant à la frontière, permettrait d'identifier celui-ci avec précision lors de contrôles ultérieurs.
La VeriChip est une micro-puce d'identification par radiofréquence encapsulée dans du verre, qui peut être implantée, non seulement dans une multitude d'objets de la vie courante, mais sur des êtres vivants, animaux d'élevage et humains. Elle rentre dans la catégorie des RFID ou Radio-Frequency Identification Devices. La puce peut enregistrer environ 2000 bits d'information et dispose d'une antenne. Contrairement à la version dite active disposant d'une petite batterie incorporée capable d'émettre vers un récepteur distant, la version passive se borne à réagir à un détecteur, situé à un mètre de distance (quelques mètres pour les dispositifs à haute fréquence). Son usage est celui d'une étiquette à code barre. Elle permet, à condition d'être scannée, d'identifier en toute sécurité l'objet ou la personne qui en est porteur. Mais son efficacité est plus grande que celle du code barre, car elle n'a pas besoin d'être positionnée avec précision sous le scanner.
La technologie était connue depuis longtemps, mais le manque de normes communes a empêché sa diffusion. Elle était principalement utilisée au service de la sécurité interne de certaines entreprises soucieuses d'un haut niveau de protection. Aujourd'hui, le dispositif est au contraire en train de prendre une extension mondiale, notamment en Asie, ce qui permet d'abaisser fortement ses coûts, et d'améliorer sa fiabilité. Malgré cela, des incidents de lecture peuvent se produire, dus soit à la présence de lecteurs opérant simultanément (reader collision) soit à la présence d'un trop grand nombre de puces dans l'aire d'activité d'un lecteur (tag collision).
La proposition du patron de VeriChip a fait comme on pouvait le prévoir réagir les défenseurs des libertés individuelles aux Etats-Unis. Ceux-ci ont affirmé que la VeriChip Corporation, après avoir perdu des millions de dollars en essayant de persuader les autorités américaines d'implanter des puces chez les citoyens américains, profite de la peur suscité par l'immigration mexicaine et sud-américaine pour relancer le marché. Mais une fois utilisée chez les immigrants, la technique pourra plus facilement être généralisée au « bénéfice » de l'ensemble de la population. Cette proposition, rencontre l'approbation de nombreuses personnalités politiques américaines, qui envisagent divers usages intéressant les citoyens américains eux-mêmes, au-delà des cas médicaux où elle est d'ores et déjà autorisée par la loi: identification des militaires, des détenus, de certains enfants à problèmes. Elle avait par ailleurs été recommandée par le Président colombien Alvaro Uribe, qui voyait là le juste prix à payer pour que ses compatriotes puissent profiter de l' »hospitalité américaine ». La technologie des RFID, passives ou actives, se développe rapidement en Europe. Mais jusqu'ici personne n'a proposé de l'utiliser sous forme d'implants humains, sauf dans des cas thérapeutiques très spéciaux. On peut penser que cette perspective serait repoussée par l'opinion publique européenne, mais en fait rien n'est moins certain. " * Voir Technovelgy.com. Comment la science-fiction devient science http://www.technovelgy.com/ |