
"Deux forces règnent sur l'univers: lumière et pesanteur."
"Mécanique humaine. Quiconque souffre cherche à communiquer sa souffrance - soit en maltraitant, soit en provoquant la pitié- afin de la diminuer, et il la diminue vraiment ainsi. Celui qui est tout en bas, que personne ne plaint , qui n'a le pouvoir de maltraiter personne (s'il n'a pas d'enfant ou d'être qu'il aime), sa souffrance reste en lui et l'empoisonne.
Cela est impérieux comme la pesanteur. comment s'en délivre-t-on comment se délivre-t-on de ce qui est comme la pesanteur?"
"Désir de voir autrui souffrir ce qu'on souffre, exactement. C"est pourquoi, sauf dans les périodes d'instabilité sociale, les rancunes des misérables se portent sur leurs pareils. C'est là un facteur de stabilité sociale."
"Faire du mal à autrui c'est en recevoir quelque chose. Quoi? Qu'a-t-on gagné (et qu'il faudra repayer) quand on a fait du mal? On s'est accru. On est étendu. On a comblé un vide en soi en le créant chez autrui.
Pouvoir faire impunément du mal à autrui,- par exemple passer sa colère sur un inférieur et qu'il soit forcé de se taire- c'est s'épargner une dépense d'énergie, dépense que l'autre doit assumer."
Simone Weil - La pesanteur et la grâce (extraits)
