| La crise au Niger: Typique de la négligence et du manque de prévoyance des nations "développées" de cette terre: Cela fait un certain temps que les habitants du Niger réclamaient une aide pour se débarrasser de l'invasion des criquets qui menacaient leur culture et donc à terme allaient forcément générer de la famine. Cela représentait peu d'argent mais ô combien précieux et efficace s'il avait été apporté à temps. La logique néolibérale n'est pas non plus en train de faciliter la situation, comme l'explique l'article du monde, dont j'ai rapporté certains extraits ci-dessous. En passant, je dirais que je ne supporte plus de voir des reportages sur des gens qui souffrent et qui sont filmés sans qu'on leur donne l'opportunité de parler. C'est typique des films qui se veulent témoigner des pays "en V-O-I-E de développement", terme politiquement correct (ou obscène?). Justement, il s'agit d'entendre la voix, V-O-I-X, de la parole de ces hommes et femmes et enfants de ces pays, et donc peut-être commencer par faire des reportages ou des documents où ils sont invités à s'exprimer -il doit bien y avoir des traducteurs!- et pas seulement les filmer rêvant, souffrant, agonisant mais comme si ces êtres n'étaient pas comme nous doués de langage! C'est une façon insidieuse de déshumaniser les personnes que de nous laisser seulement les dévisager, voyeurs de leur souffrance, sans nous permettre de savoir de leur bouche même ce que ces personnes pensent. Comme si justement elles ne pensaient pas, elles ne parlaient pas. |
| http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-676542@51-672473,0.html Extraits de l'article "On ne peut pas littéralement parler de famine, comme en Somalie, soulignent pourtant d'une même voix le Dr Mego Terzian, coordinateur de l'urgence à Maradi, et Johanne Sekkenes, chef de la mission MSF au Niger, car si, du fait des mauvaises récoltes de 2004, les greniers à mil se sont vidés, on trouve de la nourriture sur les marchés. Le problème c'est que par sa rareté, liée à certaines rétentions spéculatives, elle atteint des prix inaccessibles à la population (dont 63 % vivent sous le seuil de pauvreté)." Et ils ajoutent : Dans ces conditions, il était inconséquent, voire criminel, de se contenter d'intensifier une stratégie de développement en mettant en vente des céréales à "prix modérés", comme le préconisaient les agences de l'ONU. Il fallait basculer dans une logique d'urgence en organisant immédiatement des distributions gratuites." Le Dr Terzian va plus loin, en estimant que c'est l'accès payant aux soins, au nom du "recouvrement des coûts" qui est la première cause de la catastrophe actuelle. "Faute d'argent, les plus pauvres qui sont souvent malades ne se rendent pas dans les centres de santé. Nous voyons arriver chaque jour des enfants dans un état de malnutrition terriblement avancé et souvent accompagné de pathologies associées : déshydratation due aux diarrhées, infections des voix respiratoires, paludisme." LOGIQUE NÉOLIBÉRALE La logique néolibérale imposée au Niger par le Fonds monétaire international (FMI), l'Union européenne et d'autres organisations mondiales, et à laquelle sont subordonnées la plupart des aides, n'arrange rien. A peine réélu, le président a ainsi dû instaurer une TVA de 19 % sur les denrées alimentaires de première nécessité. Dans le même état d'esprit, les banques céréalières locales qui servaient naguère de recours en cas de disette en évitant la spéculation liée à la pénurie ont été mises en sommeil."
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