Mais on ne fait que ça, "se préparer au pire", depuis le 6 mai, Monsieur Kouchner, et même, pour tout vous dire, un peu avant l'élection de celui dans les bras de qui vous êtes finalement tombé, malgré vos appartenances politiques apparemment divergentes, mais profondément convergentes sur le niveau d'interventionnisme et de bellicisme qui vous animent.
Déjà rien que le slogan "Imaginer la France d'après" me donnait personnellement plutôt des frissons dans le dos, en voyant les "coups d'éclats" de l'homme d'avant, on pouvait imaginer celui d'après la promise "rupture".
- Quel est ce danger immédiat qui fait que la France se place soudain "en pointe dans la confrontation avec l'Iran sur le dossier nucléaire" selon le Figaro alors que Monsieur ElBaradei en charge du dossier à l'AIEA se déclare opposé à "une guerre impulsive contre l'Iran"?
"VIENNE, 17 septembre (XINHUA) -- Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed Elbaradei, a exprimé lundi son opposition à une guerre "impulsive" contre l'Iran. "Nous devons toujours nous souvenir que le recours à la force ne peut être envisagé que lorsque toutes les autres options sont épuisées. Je ne crois pas du tout que nous en soyons là", a déclaré M. Elbaradei en marge de l'Assemblée générale de l'AIEA. Il a tenu ces propos après que le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, ait mis en garde dimanche contre une guerre avec l'Iran si ce dernier obtient l'arme nucléaire. "Il y a des règles sur l'usage de la force. J'espère que chacun tirera des leçons de la situation en Irak où 700.000 civils* innocents ont perdu la vie sur la présomption qu'un pays possède des armes nucléaires", a-t-il martelé. Il a ajouté que l'AIEA n'a trouvé aucune preuve que les activités d'enrichissement d'uranium iraniennes sont destinées à fabriquer l'arme avec un grand A, tout en regrettant le refus de Téhéran d'appliquer les résolutions de l'ONU. D'ici novembre ou décembre nous serons en mesure de savoir si l'Iran agit de bonne foi et si non, nous aurons clairement une autre situation", a souligné M. ElBaradei.""
*Au passage, les estimations de Monsieur ElBaradei restent largement inférieures concernant les victimes civiles irakiennes à d'autres estimations qui parlent de plus du million de victimes irakiennes
- Peu après le succès dans les élections iraniennes du modéré Rafsandjani et au moment où "L’Associated Press fait état dans cet article du succès en Iran d’une série télévisée racontant l’histoire d’un diplomate iranien qui aide des juifs français à échapper aux nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale. La popularité de la série étonne dans un pays dont le président a émis des doutes sur la réalité de la Shoah et affirmé qu’Israël devait être «rayé de la carte». (...) Une telle série, selon l’AP, n’aurait pu être diffusée sans l’accord des ayatollahs. Il se peut donc que ceux-ci aient voulu tempérer l’antisémitisme dont le président Mahmoud Ahmadinejad s’est fait le principal porte-parole en Iran.", s'empresserait-on d'exacerber les extrémismes dans le peuple iranien pour assurer une meilleure côte des prétextes guerriers?
- "Une éventuelle intervention militaire américaine en Iran serait "une erreur politique" avec des conséquences "catastrophiques", a affirmé le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Lossioukov, dans un entretien publié mardi par le quotidien Vremia Novosteï.
Dimanche, M. Kouchner avait évoqué un risque de guerre avec l'Iran à cause de son programme nucléaire. La Russie construit une centrale nucléaire en Iran, à Bouchehr.
Pour M. Lossioukov, "des bombardements de l'Iran seraient un mauvais pas qui aboutirait à des conséquences catastrophiques. Ca serait un pas catastrophique qui aboutirait à des conséquences fâcheuses", a-t-il dit au journal russe.
Il a exprimé l'espoir qu'il n y aurait pas d'escalade de la tension dans cette région, au moins avant la clôture du sommet des pays riverains de la Caspienne qui doit se tenir le 16 octobre à Téhéran."Je ne sais pas si les Américains vont bombarder pendant le sommet de la Caspienne. Je crois qu'ils s'en abstiendront, sinon ils auraient de graves problèmes", a dit M. Lossioukov en répondant à la question de Vremia Novosteï.
"Nous sommes convaincus qu'il n'y a pas de règlement militaire au problème iranien. C'est impossible. Par ailleurs, il est bien évident qu'il n'y a pas de règlement militaire du problème irakien non plus. Mais dans le cas de l'Iran tout pourrait être encore plus compliqué", a-t-il indiqué.
Dans le même temps, M. Lossioukov n'a pas exclu une éventuelle évacuation des spécialistes russes travaillant sur la construction de la centrale nucléaire à Bouchehr.
"Comme la situation en Iran est difficile, nous avons des plans pour évacuer nos spécialistes. Mais je compte que la force ne sera pas utilisée", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères.
Selon ce dernier, cela ne pourrait qu'"aggraver la situation au Proche-Orient" et "susciterait une réaction très négative de la part du monde musulman"."
"La crise iranienne est entrée dans une phase d’aggravation marquée par un durcissement occidental, particulièrement français. Les Français sont désormais en pointe dans les exigences de sanction contre l’Iran; ils affirment et réaffirment : “l’arme nucléaire iranienne est inacceptable”. Pour autant, les conditions n’ont pas changé et les Iraniens peuvent aisément répondre: “Pourquoi les armes nucléaires israéliennes et pakistanaises sont-elles, elles, acceptables?” Ce qui nous amène au Pakistan. Il y a une école d’analyse, discrète et minoritaire, mais dont l’argument est puissant: le véritable danger de la crise iranienne, c’est le Pakistan. (...)"extrait
Suite:"à lire l'article sur Dedefensa.org
- A lire également l'article de Pierre Haski:
Kouchner et la "guerre" en Iran: attention, danger
Ah j'oubliais, les sondages d'opinion ont dû aller bon train après la déclaration de Monsieur Kouchner, pour savoir comment moduler er l'intervention de Monsieur Sarkozy devant les français. La "méthode" Sarkozy semble souvent consister à faire jeter un pavé dans la mare pour observer comment les grenouilles remuent et réagissent, afin d'en tirer des leçons sur la prochaine manipulation.