On ne pourra pas dire qu'on n'aura pas été prévenu, enfin, si l'on fait très attention à ce qui se dit:
« C’est la plus difficile des réformes, puisqu’elle concerne ceux qui ont le pouvoir de blocage le plus fort [...]. Si elle réussit, le reste suivra. » (Les Echos du 1er nov). Raymond Soubie, conseiller social de Sarkozy.
"Le reste suivra."
C'est bien pour cela que cette réforme n'est pas comme ce que certains s'évertuent à faire croire, seulement celle visant les régimes spéciaux. Elle vise bien au delà de la cible prétendue.
Quels moyens d'actions et de pressions reste-t-il pour les salariés vis à vis de leurs employeurs quand après un droit de grève aussi malmené que nous le constatons par les assauts des médias gouvernementaux, on trouve le droit de porter plainte pour les conflits dans le travail en ligne de mire dans le plan de destruction de la justice de proximité de Rachida Dati:
"Maintenant, Dati passe aux Prud'hommes
Dimanche, 18 Novembre 2007
Après avoir supprimé près de 200 tribunaux sur les 650 que comptait la France, la ministre de la Justice compte bien finir son travail de sape en réduisant aussi le nombre de ces tribunaux pas comme les autres...
Comme nous le signalions cet été, les Prud'hommes ne seront pas épargnés par la réforme de Rachida Dati, qui prévoit d'en supprimer 63 sur les 271 existant. Par l'approche purement comptable dont elle continue de faire preuve, seront maintenus les conseils réalisant plus de 800 affaires par an hors référés (procédures d'urgence) : les autres seront rattachés aux conseils les plus proches... Car Rachida Dati se moque bien que des salariés qui contestent leur licenciement, ne perçoivent plus de salaire et se retrouvent dans des situations économiques et sociales extrêmement fragiles, aient à faire deux fois plus de route pour venir plaider leur cause.
Pourtant, les conseils de Prud'hommes ne coûtent pas très cher et souffrent même d’un manque de moyens matériels et de greffiers. Le conseil de Paris, le plus important de France avec près de 22.000 affaires par an, fonctionnait avec 175 agents administratifs : aujourd’hui, ils ne sont plus que 136. À Créteil, les effectifs sont passés de 22 à 16. Ce qui embête Rachida Dati, c'est peut-être que les salariés représentent 99% des plaignants et que, dans la grande majorité des affaires, le conseil de Prud’hommes leur donne raison...
De son côté, la CGT relève beaucoup d’"aberrations géographiques" dans la liste des suppressions, preuve, selon elle, d'une réforme bouclée "dans la précipitation". Affaire à suivre…"