BRUXELLES - La Commission européenne a défendu vendredi la nécessité de porter à 10% la part des biocarburants utilisés pour les transports dans l'Union européenne malgré des avis négatifs de ses services.
Un document de travail élaboré par un centre de recherche dépendant de l'exécutif bruxellois et dont l'AFP a eu une copie vendredi souligne le coût énorme de cette proposition pour les contribuables, estimé entre 35 et 65 milliards d'euros (48-95 milliards de dollars) d'ici à 2020.
Ses auteurs insistent sur les menaces pour l'environnement d'une extension des cultures utilisées pour fabriquer des biocarburants et préconisent de les utiliser pour la production d'énergie, plutôt que pour les transports.
La Commission européenne a balayé vendredi ces objections. "Il s'agit d'une contribution parmi beaucoup d'autres et non d'un rapport scientifique", a déclaré Ferran Taradellas, le porte-parole sur l'énergie.
"Nous avons beaucoup de rapports scientifiques qui nous ont permis d'arriver à nos conclusions", a-t-il assuré.
"La Commission européenne maintient sa proposition" d'imposer aux Etats membres l'utilisation de 10% de biocarburants pour les transports en 2020, a-t-il déclaré. (...)" extrait
"Beaucoup de rapports scientifiques" ça vous paraît sérieux ça? Ils n'auraient qu'à piocher à foison dans leurs piles de rapports, et sortir celui qui arrange le plus qui, selon quels critères? Les lobbies, peut-être, au hasard? A quoi sert-il dans ce cas-là de financer le "centre de recherche dépendant de l'exécutif bruxellois" dont ils méprisent l'avis apparemment?
Et pourtant: les biocarburants, en plus de représenter d'après ce centre de recherche un coût énorme pour les contribuables, ont été dénoncés pour d'autres raisons, exposées à Bruxelles:
Doutes à propos des biocarburants
"En effet, le commissaire à l'Environnement de l'Union européenne, Stavros Dimas, s'est inquiété, lundi, de l'impact négatif de la politique européenne d'approvisionnement en biocarburant.
Selon le commissaire Dimas, lorsque l'Union européenne a décrété en mars dernier qu'elle comptait accroître la part des biocarburants dans les transports à 10 % d'ici 2020, elle n'a apparemment pas tenu compte de certains des principaux impacts d'une telle politique sur les régions productrices.
De plus en plus de scientifiques et d'environnementalistes constatent que les biocarburants, naguère vus comme une véritable panacée dans la lutte contre le réchauffement climatique, créent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent.
Le 9 janvier dernier, plusieurs ONG, dont Greenpeace et Oxfam, ont appelé dans une lettre ouverte l'Union européenne à réévaluer ses intentions à l'égard des biocarburants.
Selon les signataires de la lettre, la production à grande échelle de biocarburants pourrait faire augmenter le prix des denrées alimentaires*, favoriser la pénurie d'eau, accentuer des déplacements forcés de population pour permettre l'établissement de nouvelles plantations et, ainsi, conduire au déplacement dans des zones sensibles écologiquement d'autres activités agricoles.
Même son de cloche du côté de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Pour celle-ci, qui partage les craintes des environnementalistes pour les hausses de prix des denrées et pour les menaces sur la biodiversité, l'usage croissant des biocarburants n'aura même pas d'impact significatif sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Pour l'OCDE, si les biocarburants occupent 13 % de tous les carburants d'ici 2050, cela représenterait une réduction des émissions de gaz à effet de serre de seulement 3 %. Cette réduction serait rapidement annulée par la hausse attendue des besoins en carburant pour les transports.
La Commission européenne doit déposer la semaine prochaine ses nouvelles directives sur les énergies renouvelables. "