"(...)Cinq millions d'euros: c'est la somme versée par les services secrets allemands à un informateur pour obtenir des données bancaires du Liechtenstein, révélant des auteurs de fraude en Allemagne, selon une information révélée par le magazine Der Spiegel à paraître lundi, et partiellement confirmée par le gouvernement.
Le ministre des Finances, Peer Steinbrück "a été informé des conséquences budgétaires et a donné son accord" au versement de cette contrepartie, a affirmé samedi son ministère dans un communiqué, sans préciser l montant versé à l'informateur.(...)" extrait
C'est en voyant à quel prix il faut acheter l'accès à des renseignements que l'on peut imaginer l'ampleur des fraudes réelles que cette enquête s'efforce de mettre à jour. Le peut-on d'ailleurs, l'imaginer?
"(....)La chancelière Angela Merkel avait dénoncé dès vendredi un scandale allant "au-delà de l'imagination(...)".
Justement, n'est-ce pas une grande partie du problème, "au delà de l'imagination"?
Tout ce qui gravite dans la sphère de ces milliards volés, détournés, envolés (aux dépens et au profit de qui et de quoi exactement, il faudrait toujours s'efforcer de le préciser) dépasse ce que le citoyen lambda peut imaginer, se représenter, garder à l'esprit, et partant, combattre.
Comment rendre la perspective enfin concrètement appréhensible à tout un chacun, comment faire en sorte que ce qui paraît tellement énorme au point d'en devenir abstrait soit pris en ligne de mire par la majorité des consciences et trouve la réponse adaptée à la mesure de l'enjeu?
Ceux qui veulent ne rien faire de réellement efficace contre les " voleurs de foule" (et continuent de s'acharner contre les "voleurs de poule", selon l'expression de Denis Robert ) ne sont-ils pas prompts à encourager l'impression de complexité, d'impossibilité de la tâche?