Pour tous les Petits Princes perdus dans le désert humanophage économique,
et puisque la "lutte contre le chômage" est le MOT DE PASSE magique qui dans la bouche de certains sert à justifier les mesures les plus indignes humainement en terme d'organisation du travail, notamment le CPE, au dictat duquel, certains, dont je suis, refusent de se résigner, comment tracer le dessin essentiel qui peut nous aider à nous représenter exactement l'animal contemporain qui répond au doux nom de "Chômage"?
Pour ne pas avaler n'importe quel boa dans n'importe quel chapeau de prestidigitateur...
A la recherche de l'animal, j'ai rencontré en chemin un film documentaire sur France 5 sur son histoire, film que je n'ai pas regardé parce que ....je n'ai pas le haut débit. Et oui, c'est bête. Je vous laisse néanmoins le lien, si vous êtes plus chanceux que moi. http://lbsjs.free.fr/Balbastre/Balbastre_chomage.htm accès au documentaire de Gilles Ballastre
http://www.france5.fr/articles/W00068/376/ présentation du documentaire
Mais j'ai tourné les pages sur la présentation du documentaire sur France 5 et j'y ai trouvé quelques observations intéressantes:
"Le chômage et son histoire
http://www.france5.fr/articles/W00068/376/32932.cfm
Tout en retraçant l'histoire du chômage sur ces trente dernières années, la série documentaire "Le chômage et nous" met au jour les conséquences induites par ce "mal de la fin du XXe siècle". Sept observations se dégagent :
Renoncement
La notion de chômage est de plus en plus présente dans le discours politique. Celui-ci exclut peu à peu toute possibilité de changement. Face au constat d'un dérèglement économique majeur, le renoncement apparaît. L'arrivée en 1983 d'un discours "réaliste" marque l'homogénéisation des programmes économiques.
Précarité
A la fin des années 70 et au début des années 80, l'écroulement des citadelles ouvrières (mine, sidérurgie, construction navale, textile) entraîne la disparition de la classe ouvrière comme fer de lance de la contestation sociale. Ce qui laisse la porte ouverte à la déréglementation du salariat et à la montée de la précarité.
Conflits sociaux
On observe la chute vertigineuse des conflits sociaux traditionnels. Entre 1976 et 1994, les journées de grève passent de 5 millions à moins de 1 million. En parallèle, le nombre de chômeurs est passé de 3 % de la population active en 1967 à plus de 12 % en 1997. Les luttes deviennent passives, défensives, voire désespérées. Dans le secteur privé, le clivage entre les CDI et les autres se renforce.
Politiques d'insertion
Les mesures de traitement social du chômage montent en puissance, des stages Barre, de 1976-1977, à la mise en place des TUC, des CES, des emplois-jeunes des différents gouvernements socialistes. Ces politiques d'insertion, qui se voulaient à l'origine expérimentales et provisoires, se sont ajoutées les unes aux autres au fil des années.
"Normaux inutiles"
Des catégories regroupées au fil des années sous de multiples termes – "nouveaux pauvres", "exclus", "SDF" – s'installent dans le provisoire. Privée d'une représentation propre, cette population hétéroclite, composée de "normaux devenus inutiles" (par opposition aux handicapés et aux marginaux du passé), apparaît aujourd'hui comme une "non-force" sociale.
Délabrement social
L'exclusion et l'inactivité se vivant plus fortement dans certaines banlieues, cités ou régions, le territoire français fait l'objet d'une recomposition sociale. En règle générale, les cités ghettos se trouvent là où il y a eu désindustrialisation, où l'appareil productif a été laminé. Elles deviennent synonymes de violence, de délinquance, de délabrement social. On assiste au basculement du social vers le pénal comme forme de réponse à la crise et à la montée du chômage.
Droit du travail
Des mesures favorisant les employeurs en matière de déréglementation du droit du travail se succèdent, mesures qui, peu à peu, mettent à mal l'édifice du salariat construit lors des Trente Glorieuses. En recourant aux contrats "atypiques" et instables, elles préparent aussi le terrain de la précarité économique."
Le film va jusqu'en 2001, mais nous l'avons compris, nous en sommes toujours les acteurs.
Avec ou non un pouvoir sur le scénario?