- Le processus destructeur de l’OMC continue, mais la résistance paysanne internationale se renforce.
- La PAC actuelle, sans légitimité internationale ni sociale, est condamnée avant 2013: la CPE propose une autre PAC, indispensable si l’on veut maintenir en Europe une production agricole paysanne.
- Avec Via Campesina, nous proposons d’autres règles du commerce international, respectant le droit de souveraineté alimentaire : elles sont indispensables à la survie des paysans du Sud comme du Nord.
Changer la PAC avant 2013 au lieu de la supprimer. Après le sommet UE et la conférence OMC, c’est l’année 2013 qui sert de repère pour la PAC. Plus important que le contenu même des décisions prises à Bruxelles et à Hong Kong, ce sont les pressions très fortes des forces néo-libérales au sein du monde économique, politique, associatif et médiatique qui se conjuguent pour faire de cette date celle de la disparition de la politique agricole européenne. Par exemple, la très forte disparité du soutien agricole, que la CPE a dénoncé depuis longtemps, et qui montre le manque de légitimité sociale de la PAC actuelle, est utilisée aujourd’hui pour demander simplement la suppression de la PAC, plutôt que pour proposer une PAC plus solidaire. Pourtant si les Européens veulent maintenir une production agricole en Europe, on a besoin d’une politique agricole européenne. Sinon c’est au Brésil ou dans d’autres pays que la base de notre alimentation sera produite. L’UE a choisi depuis 1992 de baisser les prix agricoles, en faisant dépendre fortement le revenu paysan du soutien public. Elle a choisi en 2003 de découpler ce soutien de la production pour le faire agréer à l’OMC, sans en modifier significativement la répartition. L’UE s’est ainsi engagée dans un processus ne pouvant aboutir qu’à la suppression du soutien. Qui pouvait croire que les contribuables continueraient à payer longtemps un soutien massif découplé ?
Le Sommet européen a prévu un réexamen budgétaire en 2008 : nous proposons qu’à cette date l’UE refonde la PAC à partir d’un débat clarifié sur les prix, le soutien agricole, la maîtrise de la production, le commerce international |