Le moral des salariés un peu moins, d'autant qu'il y aurait comme de la provoc' dans le gaz.
Les président et vice président du groupe se seraient octroyés des stock options d'une valeur de plus de 10 millions d'euros, pendant qu'un mouvement ouvrier se déploie.
On apprend que les dirigeants y auraient finalement renoncé:
"Devant le tollé, la direction de Suez-GDF a fait savoir mercredi après-midi que les deux dirigeants renonçaient à ces stock-options, "dans un souci de responsabilité"."
Il faudra expliquer aux enfants dans un souci d'éducation que la responsabilité c'est le sentiment que les adultes éprouvent devant les "tollés" de leurs congénères et seulement devant eux. En dehors de tout tollé, point de responsabilité donc?
Du reste, est-ce bien à "renoncer", qu'ils auraient vraiment consenti, ou est-ce seulement renoncer à les lever, ce qui leur laissent tout le loisir de le faire plus tard, quand personne ne regardera plus et que la valeur aura pu éventuellement tripler?
Mais que vois-je, le chevalier des pauvres Martin Hirsch semble avoir trouvé le moyen de blanchir l'argent de ces stock-options décidément insupportables aux yeux de l'opinion bien aigrie qui n'en finit pas de harceler cette frêle minorité sans défense de patrons milliardaires ...
Au chapitre "Les sept familles", paragraphe "les patrons", Bernard Maris présentait en 2003 l'origine de ce nouveau "gouvernement "de l'entreprise où les stock-options se sont multipliées à la page 188 de son "anti-manuel d'économie":
"Plus les entreprises sont grosses, plus elles peuvent dissimuler et truquer, car plus elles sont difficilement opérables et plus il est difficile de remplacer les dirigeants. Ils contrôlent les conseils, les droits de vote. Leur capacité de lobbying est plus forte. Le nouveau patronat, qui se gave de stock-options et fait exploser les inégalités aux Etats-unis ou en Angleterre, se vante de défendre l'actionnaire et par là-même un nouveau capitalisme, dit patrimonial, qui signifie le règne de l'actionnaire, comme autrefois le capitalisme des managers signifiait le règne du consommateur. La "Gouvernance d'Entreprise" (corporate gouvernance) est destinée à protéger les actionnaires des méfaits de l'entreprise managériale, de la dictature des managers à Galbraith, animés par la volonté de puissance sans répondre sur leurs capitaux et "gaspilleurs" des ressources de l'entreprise. Dans le capitalisme patrimonial- dont le concept a été accepté par les plus grands économistes, le pouvoir reviendrait aux actionnnaires grâce aux opportunités de placement ("l'efficience des marchés").
Citons Jacques Généreux.: "Les gestionnaires de fonds d'investissement imposent un nouveau gouvernement aux entreprises pour garantir la maximisation du rendement du capital. Les dirigeants sont soit-disant soumis à des règles de transparence et de gestion et à la surveillance permanente des marchés financiers, des agences de notation, des administrateurs indépendants et des cabinets d'audit externe chargés de certifier les comptes. Pour instaurer une communauté d'intérêts entre actionnaires et dirigeants, la rémunération de ces derniers est complétée par des stocks-options qui leur offrent la perspective de gains en capital considérable."
L'idée fondamentale est celle de la concordance d'intérêts entre dirigeants et actionnaires: Stock-options pour les uns, actions valorisées pour les autres. Elle a remplacé la concordance d'intérêt entre les entrepreneurs et travailleurs -consommateurs présente dans le fordisme., l'ancien régime d'accumulation né de la Seconde Guerre mondiale, du "New Deal" de Roosevelt et du concept d'Etat -providence."