L'appel à la responsabilité individuelle des consommateurs devant les catastrophes écologiques qui se présentent à nous me paraît une nouvelle fois une façon de ne pas approfondir le problème, quand cela ne donne pas l'impression de culpabiliser une population sans pour autant aller chercher comment les dérives planétaires en sont arrivées où elles sont et malheureusement peuvent ne pas en rester là, ni si la gestion rationnelle des ressources de la planète est compatible avec notre mode de "développement".
On sent çà et là poindre des doutes chez certains sur la possible manipulation dont nous serions l'objet et qui conduirait les "élites" et responsables mondiaux à faire croire à des catastrophes pour mieux imposer telles ou telles mesures contraignantes, n ièmes taxes sur ceci, z ièmes certificats de conformité sur cela, dont on ne voit parfois que l'intérêt corporatiste et l'effet dans la multiplication de bureaucratie.
Il y a un réel danger, à mon avis, de "refoulement", de "rejet" de cette nouvelle croisade écologique "anti pollution" si l'on ne rentre pas plus profondément dans une réflexion sur le système qui est à l'oeuvre, et si l'on ne pense pas ses contradictions, mais aussi si l'on ne donne pas aux citoyens les moyens de s'approprier et de décider par la base des mesures à mettre en place.
N'y a-t-il pas une contradiction fondamentale entre la recherche du profit à tout va, la loi du chacun pour soi et le meilleur (ou le plus fortuné -dans tous les sens du terme) gagne, et la conscience que nous sommes sur une planète aux ressources limitées, où ce que nous faisons à un endroit se retrouve ailleurs, voire partout, et tous nous en subissons les conséquences?
Si c'est la recherche du moindre coût et du meilleur profit qui guide "les décideurs" , s'ils ne sont pas amenés à rendre des comptes à long terme, mais ont toujours meilleur intérêt financier à s'emparer les ressources matérielles et humaines jusqu'à épuisement dans un lieu peu importe dans quel état ils le laissent et poursuivre allégrement ailleurs leur même vampirisation sans jamais rendre de compte, si l'on continue d'appeler "richesses" n'importe quel objet "merd****"produit peu importe son coût à l'environnement, peu importe les conditions de quasi esclavage et donc de démolition humaine dans lequel il est produit, comment peut-on continuer à ne pas voir là des habitudes qui sont incompatibles avec le respect de la planète et de ses habitants?
Les cornes de la conscience solidaire et de la responsabilité inviduelle semblent uniquement retentir quand le pire menace, alors que le meilleur est jalousement gardé entre les mains d'une infime minorité.