Il y a un point sur lequel j'avais approuvé la politique du gouvernement Raffarin. C'est celui concernant la sécurité routière, qui pour moi représentait une amélioration perceptible au quotidien, sans parler de la nette diminution du carnage routier mesurable dans les "chiffres".
Je m'interroge sur la déclaration de Dominique Perben, qui se hâte d'annoncer qu'il n'y aura pas de mise en fonction supplémentaire de radars l'année prochaine. Quel intérêt?
Un signal fort, sans doute, que le gouvernement est bien décidé à partir de 2006 et sans doute jusqu'à 2007, à plaire à certains français en leur montrant qu'il veut leur réouvrir une de leurs aires de jeux favorites, celle du défoulement de la violence non assumée, technicisée, consumérisée qu'est la route.
A ceux qui trouveraient incohérent que je me réclame opposée au vote électronique et à la carte d'identité biométrique, et que je soutienne un certain "flicage" des routes, je répondrais que c'est un domaine précisément où il s'agit de défendre le plus faible- à savoir la vie fragile d'un être humain- contre des pulsions aux commandes d'armes de destruction ponctuelle et pas seulement potentielle hélas sous l'apparence de la plus séduisante respectabilité.
Pour s'en convaincre, observer et comparer son propre comportement derrière un volant et à pied dans des circonstances pénibles. Pour la séduction et la respectabilité, regarder les spots publicitaires sur les automobiles.