Il y a peu, il me semble, on employait facilement pour parler d'une femme l'expression la femme de, l'épouse de Untel, et cela bien sûr était une façon imparable pour projeter Untel dans la lumière et la dite épouse éternellement dans l'ombre, rivée à la position de complément d'objet de son mari.
L'équivalence sur un plan politique a été épinglée au J.T de France 2 hier soir par Ségolène Royal qui a mis Pujadas face à la présentation inégalitaire qu'il venait de faire de la candidate socialiste, Michèle Delaunay, en comparaison de celle accordée au déjà plus renommé sans doute (ne serait-ce que sur le plan des casseroles) Alain Juppé.
En effet, il a désigné ce dernier plusieurs fois par son nom, alors qu'il n'a pas une seule fois cité celui de Michèle Delaunay. Une manière évidente de ne pas la mettre sous les projecteurs, des fois qu'elle y gagnerait une forme de reconnaissance- de plus grande intimité- publique.
Je viens de lire des articles sur Internet où l'on retrouve le même travers, Michèle Delaunay y est nommée seulement en relation à Juppé comme "la candidate socialiste", ou "la rivale socialiste", "sa rivale".
Alors Pujadas et tous ceux qui n'offrent pas le même traitement patronymique selon les candidats, vous me copierez mille et une fois:
Face à Alain Juppé, la victoire de Michèle Delaunay est possible, dimanche prochain, à Bordeaux.