"Sir Alec Jeffreys, professeur en génétique de l’université de Leicester, l’inventeur en 1984 ( ! ) de la preuve par l’ADN, rappelle que plus la base de données est importante, plus le risque d’erreur est grand, “parce qu’elle est créée et gérée par des êtres humains”. Se posent ainsi, et entre autres, les problèmes de prélèvement, de manipulation, de stockage et donc de détérioration, d’interversion."
Oui mais voilà, pour Guillaume Didier, porte-parole du ministère de la justice: "C'est une évidence, mais il faut le rappeler: plus le fichier est étoffé, plus il est performant."
Eh ben voyons, on se demande pourquoi on est pas encore tous dedans... mais ça ne saurait tarder.
Car c'est sans doute avec ce genre d'argument, doublé par celui de ce que recommande un "audit" que l'on en arrive où nous en sommes selon ce qu'en rapporte l'article du Monde:
- à "un accroissement exponentiel du nombre d'analyses génétiques à réaliser". (...)"limité initialement aux seules infractions de nature sexuelle, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques[le Fnaeg] a été considérablement élargi" avec la loi sur la sécurité quotidienne (votée, sous le gouvernement Jospin, en novembre 2001) et celle sur la sécurité intérieure (adoptée en 2003 sous l'impulsion du ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy). Aujourd'hui, les trois quarts des affaires traitées dans les tribunaux peuvent entraîner un fichage génétique, à l'exception notable de la délinquance financière, ou encore de l'alcoolisme au volant, précise Ollivier Joulin, du Syndicat de la magistrature. Le Fnaeg recenserait ainsi près de 500 000 profils génétiques, contre 6 000 en 2003.
- à une simplification des actes (rapports, transmissions, exigences de serments) en vue d'une réduction des coûts nécessaires à ce fichage d'ADN que l'on a bien encouragé de multiplier.
De quoi donc sans doute accroître le nombre des erreurs judiciaires que l'on ne manque pas de rencontrer aussi avec l'utilisation de fichages génétiques comme le rappelle la Ligue des Droits de l'Homme sur son site auquel se réfère l'article du Monde et où elle publie entre autres la circulaire du ministère de la justice du 31 mai dernier qui est censé permettre à la justice de simplifier le fichage génétique :
Sans compter que c'est pas tant les affaires en cours que l'avenir qui est visé par la constitution de ces fichiers, paraît-il: "le but des analyses est d'alimenter le fichier à l'avenir"
Ah, cet avenir qui nous appartient?
Souriez, hommes, vous êtes filmés, filtrés, fichés, filés....
fichus...
....de continuer à sourire encore et à vivre et à aimer?