En parcourant le site d'Acrimed, je viens d'avoir une réponse précise à une vague impression ressentie, grâce à cet article de David Larousserie, qui épingle, en les chiffrants au besoin, les étranges choix rédactionnels qui semblent avoir choisi de débattre bien après la campagne électorale, de thèmes qu'ils ont semble-t-il laissé au niveau du seul slogan pendant la campagne, comme par exemple, le fameux "Travailler plus pour gagner plus." et son corollaire, la détaxation des heures supplémentaires.
Je rapporte ici la conclusion de cet article éclairant (je me suis permise de mettre en gras plusieurs questions que l'auteur soulève et que je rêverais de voir posées et débattues publiquement) :
"Tous comptes faits, il y a eu plus d’articles « négatifs » (plus exactement, d’articles contenant un argument contre la mesure) en un mois après le 6 mai qu’en quatre mois de campagne [2]. Les journalistes ont semblé soudain découvrir ou s’intéresser à une mesure moins sibylline qu’il n’y paraît (effets négatifs sur le chômage, augmentation de la dette des comptes sociaux, non prise en compte de ces heures pour la retraite, heures supplémentaires subies plutôt que choisies...). Seul quotidien à dresser la liste de ces arguments : L’Humanité.
Evidemment cette analyse quantitative partielle sur les quotidiens nationaux ne saurait décrire la totalité de la campagne présidentielle dans les médias. Mais elle permet de mesurer à quel point un débat sur une mesure emblématique peut être étonnamment absent (ou sous-représentée) de ces médias. Le brutal sursaut après l’élection accentue encore l’impression d’escamotage.
Pis : les mesures d’exonérations des heures supplémentaires ne semblent pas être une exception. Il n’y a qu’à voir combien fleurissent, depuis qu’une loi est annoncée, les points de vue sur la réforme universitaire. Pourquoi étaient-ils inaudibles ou absents avant ?
Si, dans les principaux quotidiens nationaux, une campagne électorale ne sert qu’à lancer des slogans (comme l’ « autonomie des universités » ou le « travailler plus, pour gagner plus »), sans en développer les contenus, on est en droit de s’interroger sur les limites de leur fonction démocratique."