Paru le 22/10/2007 13:38:42
Parce que s'il avait voulu vraiment respecter la mémoire de ce jeune homme de 17 ans, il aurait dû ne pas dissocier la lettre très personnelle adressée à sa famille d'un autre écrit qui explique un peu mieux ce qui animait ce jeune homme: le poème de Guy Môquet, saisi sur lui le jour de son arrestation, dont le Conservateur du Musée de la Résistance nationale, Guy Krivopissko, recommande la lecture.
Quand on sait qu'en plus de la sélection récupératrice se limitant à une lettre très personnelle, on s'est permis de remplacer le terme original de "camarade" par "compagnon" dans le texte lu en classe, ce que l'on pourrait purement et simplement qualifier de révisionnisme, je reprendrais le jeu de mots entrevu, osé par un aimable forumeur pour exprimer trop gentiment sans doute la sensation d'écoeurement que je ne suis apparemment pas seule à éprouver:
De Guy se Môque-t-on?
Mise à jour:
A lire absolument l'article d'Olivier Bonnet
pour bien comprendre en quoi la lecture de cette lettre par les enseignants nécessitait impérativement une contextualisation essentielle pour faire comprendre le dégré de récupération qui confine au mensonge dans la présentation qu'en ont faite le président de la République et ses "assistants":
extrait: "(...)Henri Guaino, conseiller du président, explique à propos du jeune fusillé, dans Libération : “Il tombe victime de la barbarie nazie“. La part de vérité de cette affirmation est si partielle qu’elle en devient presque mensongère. Ce sont certes les nazis - en l’espèce le général Stülpnagel - qui ordonnent qu’en représailles à la mort du lieutenant-colonel Holtz, abattu à Nantes par la résistance, on fusille 50 otages. Mais lesquels ? Les Allemands n’interviennent pas dans le choix des victimes. L’homme qui désigne les suppliciés s’appelle Pierre Pucheu, le ministre de l’Intérieur de Pétain. C’est donc lui qui condamne à mort les 27 fusillés de Châteaubriant, groupe auquel appartient le jeune Guy Môquet. Tous sont communistes et le hasard n’a rien à y voir : Pucheu explique clairement son choix comme dicté par la volonté d’ “éviter de laisser fusiller 50 bons Français“. A ses yeux, un communiste n’est pas un bon Français. Or celui qui était alors le candidat Sarkozy a déclaré : “Je veux dire que cette lettre de Guy Môquet, elle devrait être lue à tous les lycéens de France, non comme la lettre d’un jeune communiste, mais comme celle d’un jeune Français faisant à la France et à la liberté l’offrande de sa vie“. Absurde, puisqu’on a vu que Môquet est mort justement parce qu’il est communiste ! Et pourquoi Pucheu choisit-il les otages dans leur rangs ? C’est tout simplement qu’il est un digne représentant de cette droite collaborationniste viscéralement anti-rouges, au point de faire sienne la devise : “plutôt Hitler que le Front populaire.(...)"