Ils auraient tôt fait tous ces ardents défenseurs de la démocratie d'encourager pourtant les yeux fermés à la pratique de consultations électroniques des étudiants qu'ils prétendent plus démocratiques que le compte à main levée.
Ils ne veulent pas voir (ou laisser voir) quels dangers pour la démocratie, il y a, précisément, à l'utilisation de ces consultations qui n'offrent ni garantie d'anonymat ni garantie de non manipulation des résultats:
Heureusement l'Association Ordinateurs de vote.org veille:
Consultation électronique des étudiants : une association saisit la Cnil
"L'association Ordinateurs de Vote.org (OdV), qui émet "les plus grandes réserves quant aux garanties légales et technologiques entourant" les consultations électroniques des étudiants, a annoncé jeudi avoir saisi la Cnil pour qu'elle fasse connaître sa position "au plus vite".
Alors qu'un mouvement de contestation de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités agite les facs depuis près de trois semaines, plusieurs présidents d'universités bloquées ont tenu, ces derniers jours, des consultations par internet pour décider de la poursuite ou non des blocages.
"Toute consultation doit être éthiquement encadrée et scrupuleusement contrôlée afin de protéger les droits et libertés fondamentales", écrit Pierre Muller, le président de cette association, dans un communiqué.
OdV émet "les plus grandes réserves quant aux garanties légales et technologiques entourant les projets et réalisations de consultations par internet des étudiants", ajoute-t-il.
"On n'a aucune garantie sur le fait que l'anonymat du vote est bien respecté. Certaines présidences d'universités disent avoir détruit les e-mails des étudiants, mais rien ne prouve qu'elles n'ont pas fait une copie, ni que le vote n'a pas été truqué", a expliqué l'association à l'AFP.
M. Muller a "saisi la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés, ndlr) afin que la haute autorité fasse connaître sa position au plus vite et se prépare à intervenir dans le cas où il serait nécessaire de prévenir la tenue de consultations organisées manifestement en violation de la loi".
L'association, qui existe depuis près de deux ans et réclame "un vote vérifié par l'électeur", s'était faite entendre en mai au moment de l'élection présidentielle en menant campagne contre les machines à voter."
Suite de l'action: La réponse de la CNIL:
27/11/2007 - Communiqué
"Plusieurs universités ont mis en place des consultations par voie électronique afin de recueillir l'avis de leurs étudiants à la suite du blocage de plusieurs facultés. La CNIL rappelle que ce type de vote est a priori soumis à la loi informatique et libertés
La CNIL a été saisie de plaintes à la suite de l’organisation par plusieurs universités de consultations en ligne afin de demander l’avis des étudiants sur la reprise des cours, dans le cadre des mouvements de grève actuels.
Dès l’instant où ces systèmes de vote électronique comportent des données à caractère personnel (nom ou identifiant de l’étudiant par exemple), la CNIL rappelle que ces dispositifs sont soumis à la loi « informatique et libertés ».
En particulier, de tels systèmes doivent lui être soumis avant leur mise en œuvre afin qu’elle examine notamment les conditions d’utilisation des données personnelles, la confidentialité du vote, les mesures de sécurité et l’information des personnes.
C’est pourquoi la CNIL a décidé d’attirer l’attention des Présidents d’université afin de savoir dans quelles conditions se sont déroulées ces consultations. Elle a également adressé un courrier au ministre de l’enseignement supérieur et au président de la conférence des présidents d’université avec lesquels elle entretient des contacts réguliers dans le cadre de la convention de partenariat signée le 25 janvier 2007, qui vise à promouvoir la culture « informatique et libertés » au sein de la communauté universitaire."