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j-jour Le réveil a enfin sonné

j-jour Le réveil a enfin sonné

Si nous ne nous occupons pas de ce qui nous regarde, qui le fera? Et qui le fera bien?


M'dame, moi je sais, la grève...

Publié le 10 Juin 2008, 09:57am

Catégories : #Le travail - la bourse - la course ou la vie

La grève et beinh.....C'est quand le monsieur de la télé y' s'inquiète si les gens vont pouvoir aller travailler, et il appelle un autre monsieur ou une autre dame avec un micro qui se promène sur les quais dans les gares et les métros. Et le monsieur ou la dame avec le micro, il demande aux gens s'ils ont eu des problèmes pour venir où ils sont et pour aller où ils veulent...

Et des fois il en trouve qui sont coincés dans les portes, ou qui ont pas pu monter dans le train ou qui trouvent pas de trains, et alors il montre les gens pas contents, mais pas contents, qui disent que c'est la faute aux gens qui font grève.

Mais ce matin, le monsieur avec le micro, il a trouvé une jeune dame qui souriait, qui avait pas compris qu'y avait une grève. Elle avait un accent de touriste. Et puis des autres, qui avaient eu plein de temps pour se préparer à l'"affronter" (sic), la guerre grève.
Et ça, moi j'ai compris, c'est parce que le gouvernement il a fait le service "minimum". Et puis aussi il a obligé à dire à l'avance ceux qui venaient pas. 

Et les gens et beinh maintenant  y sont tout contents d'aller travailler les jours de grève. Et le gouvernement il est le plus fort.

..........

Mais j'ai surtout compris que question service minimum, on peut compter sur les journaux télévisés, eux, ils sont imbattables pour ne pas expliquer les raisons et les enjeux des grèves.



Mise à jour du 11 juin:
A nous de vous faire préférer ...le car briseur de grève!

Je viens de comprendre que la direction de la Sncf brise la grève des cheminots en mettant des quantités de cars en ligne à la place des trains....

A lire pour comprendre les enjeux à la SNCF:
Transports ferroviaires : manœuvres européennes sur le fret
extraits:
"(...)Le 7 avril 2008, la presse économique européenne titrait : « La SNCF change d’envergure dans le fret et la logistique. » Examinons cette opération qui se déroule en France, mais qui a une projection européenne et mondiale. Il a fallu deux mois pour que le nouveau patron de la SNCF, Guillaume Pépy, engage, à une allure de TGV, une réorganisation de toute la politique de la branche fret et logistique de la SNCF. La SNCF, entreprise « 100 % publique », donc propriété de l’État, a annoncé son offre publique d’achat sur sa filiale Geodis, filiale cotée en Bourse dont elle détient 42 % des titres. C’est la première fois que la SNCF lance une telle opération. Il ne s’agit évidemment pas d’une nationalisation de Geodis, mais de battre en brèche la résistance historique des cheminots et de hisser le secteur fret et logistique à l’échelle d’un « champion européen ». Ce faisant, le statut des cheminots français du fret va changer.(...)

(...)Si ce projet de la direction voit le jour, tout laisse penser que cela ne s’arrêtera pas là. En effet, avec la déréglementation prévue pour le trafic voyageur en 2010, il sera facile pour la direction d’expliquer que « pour être efficaces face aux concurrents », il faut appliquer les méthodes de la filière fret. Et ainsi de suite, chaque activité de la SNCF peut être saucissonnée à l’envie voire mise en concurrence avec les autres : l’activité TGV, l’activité TER, la maintenance du matériel, l’équipement (entretien des voies et des infrastructures). Cela est d’ailleurs déjà préconisé par la Cour des comptes, qui demande que cette dernière activité soit transférée à Réseau ferré de France.

Tout ceci, à terme, ouvre la porte à l’entrée de capitaux privés dans les activités « rentables », laissant le reste à la charge de la collectivité.

Bref, il est beaucoup question « d’entreprise compétitive », mais jamais de service public. Les cheminots, pas plus que les usagers, n’ont rien à y gagner."



Deux raisons pour une grève En attendant le 17 juin, les cheminots et les fonctionnaires se mobilisent.

Deux articles instructifs sur la grève:


Pourquoi la grève franche ne fait plus recette

"Contrairement à une idée répandue, la France n'est pas particulièrement une nation « grévicultrice ». Sur la période 2000-2004, elle se situait au dixième rang des pays européens les plus grévistes, avec 40,5 journées individuelles non travaillées pour fait de grève (JINT) pour 1.000 salariés, loin derrière l'Espagne, l'Italie mais aussi la Norvège ou la Finlande. Sur la période 1998-2004, c'est le Danemark, royaume si souvent loué pour la « flexisécurité », qui arrive en tête, devant l'Espagne et l'Italie."
A bien considérer la conclusion de l'article Pierre Gasquet (les Echos):
"(...)Pour autant, la grève est loin d'être morte. L'impact médiatique de celle des travailleurs sans papiers qui ont su habilement utiliser l'article 12 ter de la loi Hortefeux sur les régularisations est troublant. « C'est en utilisant un droit qu'ils n'ont pas que les travailleurs ont acquis la sympathie de l'opinion publique. La grève les a fait apparaître comme des travailleurs », constate Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT. Surtout, le déclin de la grève, dans sa forme traditionnelle, généralement attribué à la précarisation de l'emploi et à l'affaiblissement des syndicats, n'est pas le signe d'un dépérissement des conflits sociaux. Loin s'en faut. Paradoxalement, on assiste à « une hausse de la conflictualité globale dans l'entreprise alors que le recours à la grève classique est en reflux ». Entre 2002 et 2004, 30 % des entreprises de plus de 20 salariés ont connu au moins un conflit collectif contre 21 % entre 1996 et 1998. On note l'essor de nouvelles pratiques de mobilisation protestataire et de contestation telles que les pétitions, les manifestations ou les grèves du zèle. A l'arme spectaculaire de la grève tend à se substituer celle, plus médiatique, de la manifestation ou du blocus.

Les grèves franches et « offensives » de mai-juin 1968 avaient débouché sur les accords de Grenelle. On aurait tort de considérer que les mouvements de juin 2008 n'en sont forcément qu'une pâle copie négligeable. Les métamorphoses de la grève n'impliquent pas forcément le dépérissement du domaine de la lutte." (extrait)

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Et l'article
Non, les conflits sociaux ne sont pas en grève

qui présente le livre "La grève" de Guy Groux, Jean-Marie Pernot

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