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j-jour Le réveil a enfin sonné

j-jour Le réveil a enfin sonné

Si nous ne nous occupons pas de ce qui nous regarde, qui le fera? Et qui le fera bien?


Il n'y a pas de démocratie sans souveraineté

Publié par j-jour sur 12 Décembre 2006, 09:45am

Catégories : #La chose publique et nous

Pour Jacques Sapir avec qui Pascale Fourier, animatrice de l'émission "des Sous et des Hommes", sur Radio Aligre, s'entretient de "Souveraineté, souverainisme, et nationalisme."

http://dsedh.free.fr/transcriptions/Sapir154.htm

Où l'on peut apprécier les différences essentielles entre légalité et légitimité, nation et tribu, logique de conviction et de conversion, nationalisme et souveraineté.

Extraits choisis:

"La démocratie implique que l’on puisse le cas échéant changer les lois et le renverser.. Il n’y a pas de démocratie s’il n’y a pas la légitimité et pas seulement la légalité, et cette légitimité renvoie au fait que l’on partage un certain nombre de valeurs, de notions politiques qui font que l’on considère comme juste ou injuste un certain nombre de décisions."

(...)

Le véritable problème est le suivant : si on doit prendre des mesures, il faut savoir qui est responsable de quoi et devant qui. Qui est le gouvernement et quel est le corps politique ? Je pense que des mesures qui seraient prises par des groupes de techniciens irresponsables, sans définition d’un corps politique, seraient à terme vécues comme une tyrannie insupportable. Et même bonnes, ces mesures finiraient toujours par être rejetées. Et l’on voit bien aujourd’hui que l’un des grands arguments de certains secteurs de la société française qui refusent par exemple les réglementations européennes –parfois alors même qu’elles sont positives – c’est que, justement, ces réglementations sont issues d’un espace politique dans lequel ils ne se reconnaissent pas. C’est pour cette raison qu’on ne peut pas distinguer la question de la légalité de celle de la légitimité. C’est aussi pourquoi je me refuse à considérer l’État de droit comme un élément constitutif central de la démocratie. C’est nécessaire, mais c’est un élément qui vient derrière la question de la légitimité. La véritable question est donc de savoir si l’on peut aujourd’hui construire légitimement des espaces politiques transcendants les nations. Pour que ce soit possible, il faudrait que l’on ait des cultures politiques qui arrivent à s’imbriquer relativement aisément. C’est possible entre certains pays, c’est clair; ce n’est pas possible encore aujourd’hui à un niveau extrêmement général. Il faut donc bien comprendre que nous resterons pour une période assez longue dans la logique des relations internationales.

Toute tentative de s’extraire des ces logiques de relations internationales renvoie à terme au mythe religieux d’une grande croyance qui doit s’imposer à tous. Personnellement, ça me fait peur, parce que dès qu’on entre dans le domaine du religieux, on entre non pas dans le domaine de la conviction, mais dans celui de la contrainte : on ne cherche pas à convaincre quelqu’un mais à le convertir, à terme par le fer et par le sang. C’est quelque chose d’extrêmement dangereux."

(...)

"La Nation n’a jamais impliqué le nationalisme, au sens où cela voudrait dire : « Je suis supérieur aux autres ». Il n’y a rien qui aille de la constatation des processus historiques qui ont abouti à la construction sociale des nations à l’idée qu’il y aurait une nation supérieure aux autres. Mais il y a un point auquel il faut faire extrêmement attention – et je crois que malheureusement c’est son oubli qui a ouvert un espace politique à des forces d’extrême- droite en France et en général en Europe – : on ne peut pas imposer des décisions à des citoyens sans qu’ils aient les moyens de les contrôler. Or, les politiques qui sont mises en place depuis une vingtaine d’année, les décisions économiques qui sont prises, s’imposent sans contrôle et défont, détricotent jour après jour, les institutions sociales construites dans les périodes précédentes. Ceci est vécu par les citoyens comme l’équivalent symbolique d’une invasion, et comme c’est un équivalent symbolique, il faut leur trouver quelque chose de moins symbolique et de plus réel, et on prend le basané du coin comme victime. Mais il faut comprendre que cette montée de l’extrême-droite avec son côté xénophobe que l’on connaît n’est d’une certaine manière que la transcription d’un malaise qui, lui, est justifié, qui est le sentiment qu’ont les gens d’être dépossédés de la maîtrise de leur propre destin. Le problème, c’est évidemment qu’ils se trompent de cible."

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R
exact! « la patriotisme est un principe qui fait l’unité d’un peuple et qui ne le coupe en rien du reste de l’humanité." (A. Soljenitsyne)mais c'est trop pratique de diaboliser le patriotisme et le nationalisme sain en même temps que ses formes pathologiques, quand on a pour but justement de faire disparaître, au profit du pouvir "corporate" comme on dit en anglais autrement dit le "grand capital", le pouvoir des etats-nations,"malheureusement" démocratiques, donc soumis aux pressions de leurs peuples! ...comme ça on pourra leur dire que refuser la ligique d'oppresion néo-libérale c'est du vil nationalisme, bref du racisme !
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